San Sebastián : à la découverte du pays basque espagnol

Saint Sébastien, ma première rencontre avec le pays basque espagnol et avec l’Espagne continentale. Une rencontre bruyante, vibrante, haute en couleurs et en saveurs, celles qui sentent bon le sud et la convivialité. Saint-Sébastien en guise d’introduction parfaite d’un séjour à cheval entre l’Espagne et la France, unies dans la tradition, l’identité et la culture basques.

Situé à seulement 20 kilomètres de la frontière avec la France, la ville de Saint-Sébastien (Donostia en basque et San Sebastián en espagnol), nous a offert un dépaysement total avec une architecture, une gastronomie et une ambiance qui n’ont rien à voir avec ce que je connaissais jusque-là de l’Espagne (c’est-à-dire Majorque).

Dès les premiers mètres parcourus en voiture dans San Sebastian, la richesse et la beauté de son architecture m’ont interpellée. Vous connaissez ce genre d’endroit où vous regardez par la fenêtre de la voiture sans pouvoir détacher vos yeux de ce que vous voyez ? Et bien c’est exactement ce que j’ai ressenti, et fait, sur le trajet pour nous rendre jusqu’à notre logement sur la Usandizaga Kalea, dans le quartier de Gros.

Une fois garés au parking caché sous la jolie Plaza Cataluña et les valises posées, nous n’avons pas perdu de temps avant d’aller confirmer nos premières impressions.

On traverse le pont du Kursaal (en référence au Centre Culturel du même nom, complexe architectural construit par Rafaël Moneo) qui enjambe l’Urumea (la rivière qui serpente dans la ville et vit au rythme des marées) et très vite la ville s’anime. Dans les petites rues pavées de Donostia dans lesquelles nous nous enfonçons, locaux et touristes se côtoient dans un flot incessant de paroles et de bruits de pas. Malgré le temps couvert et la chaleur pesante, la vie et le bruit sont partout en cette fin de matinée du mois de mai.

Le Kursaal et son pont

On se promène au hasard, comme on aime tant faire, et (comme le hasard fait bien les choses) on se retrouve rapidement devant le plus vieux sanctuaire de la ville, l’Église San Vicente, construite au 16e siècle.

Là, au pied de ce magnifique édifice gothique, les briques ocres nous offrent un contraste saisissant avec le ciel redevenu bleu. Et la chaleur et la douceur qui émanent de la couleur de ces briques contrastent également avec l’austérité parfois véhiculée par l’architecture gothique, rendant cette église à la fois envoûtante et déroutante pour moi.

On continue notre balade à travers ces petites rues pleines de charme et on arrive finalement sur la jolie Constitución Plaza, le cœur de la vieille ville. Cette place rectangulaire, construite en 1817 par Ugartemendia, servait autrefois de place d’arène, ce qui explique la présence de numéro au dessus de certaines fenêtres qui correspondent aux anciennes tribunes d’arènes.

De nos jours, la place est utilisée pour diverses célébrations et on imagine sans peine la ferveur qui peut s’emparer d’un tel lieu les jours de fêtes. Au quotidien, comme ce jour de mai où nous y étions, la Place de la Constitution est animée par les conversations sur les terrasses installées par les bars et cafés qui ont élu domicile sous les arcades.

Quelques mètres plus loin, nous découvrons la majestueuse Basilique Santa Maria del Coro dont un bout de l’impressionnante façade est visible depuis la Kale Nagusia. Sur les marches du bâtiment, des dizaines de touristes écoutent le discours de leur guide tout en profitant de la fraîcheur bienvenue offerte par l’ombre des bâtiments alentours.

Située dans la vieille ville, sur le flanc du mont Urgull, cette basilique a été construite en 1750, à la place d’une église romane. De style baroque, elle comporte quelques éléments d’architecture gothique et néoclassique. Le mélange de tous ces styles la rend véritablement unique et ses dimensions importantes,elles, la rende grandiose. Une fois à l’intérieur, la magie de cette architecture impressionnante opère à nouveau grâce aux spectacles des magnifiques voûtes en ogives.

Notre exploration de la ville se poursuit ensuite du côté de Lasta Plaza, où on découvre le magnifique et imposant bâtiment qui abrite l’hôtel de ville. Construit en 1887 dans les Jardins d’Alderdi-Eder, le bâtiment abritait jusqu’en 1946 le casino de la ville. Il est situé à côté du Club Nautique Royal et de la célèbre Baie de la Concha.

A quelques pas de là, on découvre cette fameuse baie en forme de coquillage (d’où elle tire son nom), qui abrite les plages de la Concha et d’Ondarreta (qui s’étirent au total sur deux kilomètres) ainsi que l’île de Santa Clara, toutes trois baignées par la mer Cantabrique. Face à elles, les monts Igeldo, à l’ouest, et Urgull, à l’est, et tout autour des constructions, plus au moins récentes, avec une vue imprenable sur cette baie magnifique.

Le Sagrado Corazon du Mont Urgull

Le Club Nautique Royal

Attirés par les bâtiments patinés par le temps, cachés derrière le petit port où mouillent de jolies barques colorés, on a laissé la plage de la Concha sur notre gauche et on s’est rapprochés du mont Urgull. Le port de Saint-Sébastien est bordé d’une part de grands bâtiments comme on en trouve dans la ville et d’autre part de jolies maisons aux accents basques avec leur façade blanche et leurs boiseries colorées.

Ici, sur la Kaiko Pasealekua, face à ces maisons qui renferment les secrets des pêcheurs d’antan, on oublierait presque que l’on est dans une grand ville, on touche du doigt l’histoire ancienne de San Sebastian, et, comme à Pasaia, le temps semble s’arrêter pour nous laisser profiter de la beauté et de la richesse du lieu.

Un peu plus loin le Paseo Nuevo offre une belle vue sur la baie et sur l’ouverture vers la mer. Le Paseo Nuevo, inauguré en 1916, est une promenade qui permet de contourner le Mont Urgull (côté mer) jusqu’à la rue Salamanca (qui longe l’estuaire de l’Urumea). Épuisés par le soleil de plomb du début d’après-midi, nous n’avons pas emprunté ce chemin et avons préféré chercher un peu de fraîcheur dans les rues étroites de la vieille ville, mais lors d’une prochaine visite on ne manquera pas d’y passer pour profiter de la vue mer qu’il doit offrir.

On se balade dans les rues, beaucoup plus calmes à l’heure de la sieste, et on découvre une autre facette de San Sebastian. On traverse la vieille ville jusqu’à la Plage de Zurriola qui s’étend elle sur 800 mètres, entre l’estuaire de l’Urumea et le Mont Ulia. On offre un peu de repos et de fraîcheur à nos pieds avant de repartir explorer le quartier de Gros.

L’estuaire de l’Urumea

Vue sur le Mont Urgull depuis la promenade de la Plage Zurriola

Vue sur le Mont Urgull depuis la promenade de la Plage Zurriola

Dans ce quartier, les rues sont plus larges, les bâtiments n’ont pas la même architecture que dans la vieille ville mais sont tout aussi beaux. Construit au 19e siècle, cet ancien quartier industriel est aujourd’hui animé, avec une vie à la fois commerciale et résidentielle. On en prend plein les yeux, subjugués par toutes les merveilles d’architectures qui se trouvent là.

L'église San Ignacio à San Sebastian

L’église San Ignacio

Et puis nos pieds nous mènent finalement à nouveau vers l’Urumea. Un joli bâtiment attire notre regard, puis c’est une promenade arborée le long de la rivière qui nous fait de l’œil et nous voilà finalement arrivés au Pont María Cristina, un véritable plaisir pour les yeux. Ce pont, construit en 1904 selon le modèle du pont Alexandre III à Paris, comporte à chacune de ses « entrées » une obélisque ornée de sculptures. Bien que le pont soit en béton armé, son revêtement et lui réalisé en pierre artificielle dans des tons rougeâtres, ce qui lui donne un aspect tout à fait unique.

Obélisque du Pont Maria Cristina

Détail du Pont Maria Cristina

Vue depuis le Pont Maria Cristina

Vue depuis le Pont

De retour sur la rive gauche de l’Urumea, on aperçoit rapidement le clocher de la Catedral del Buen Pastor de San Sebastián. Sa flèche néo-gothique dépasse fièrement de la rangée de bâtiments qui nous séparent d’elle et nous guide jusqu’à elle tel un phare.

Située au cœur du quartier d’Amara, cette impressionnante cathédrale du 19e s’inspire de l’architecture allemande et notamment de la Cathédrale de Cologne. On reste quelques minutes à ses pieds, impressionnés par la taille du bâtiment et la richesse de son architecture. La flèche, en particulier, me laisse sans voix, c’est un véritable bijou de précision dont mes yeux ont du mal à se détacher.

Mais on reprend finalement notre balade à travers le quartier d’Amara. L’heure a bien tourné et le moment de déguster des pintxos en buvant l’apéro arrive. Sur les conseils de plusieurs blogueurs habitués du Pays Basque, on teste plusieurs bars à pintxos pour découvrir, avec plaisir, des ambiances et des saveurs différentes. Et puis sur le chemin du retour, on déambule encore un peu, on explore et on admire la beauté de cette ville, au cœur de la nuit …

La Baie de la Concha de nuit

La Baie de la Concha de nuit

Mon carnet pratique de San Sebastián :

Où se garer à San Sebastián ?

Trouver une place de parking dans les rues qui ne sont pas piétonnes et un peu compliqué à San Sebastián. Je vous recommande donc d’opter directement pour un parking couvert. On peut y rester 24h, le tarif n’est pas excessif et ça évite les crises de nerf dans la rue. Si vous logez dans le quartier de Gros, le parking situé sous la Plaza Cataluña est idéal.

Pour le GPS : Aparcamiento Plaza Cataluña, De Cataluña Plaza, s/n, San Sebastián

On dort où à San Sebastián ?

Si comme nous vous voulez être au calme sans être loin de l’animation, le quartier de Gros me semble idéal : la plage Zurriola se trouve à proximité (pratique si vous venez faire du surf ou vous baignez avec vos enfants), il y a de nombreux commerces et des bars à pintxos (mais pas dans toutes les rues, ce qui permet de se reposer).

Et le petit-déjeuner on le prend où ?

Dans la chouette boulangerie Are Men Dia ! Délicieux croissants et autres viennoiseries sont proposés dans une formule petit déj à petit prix.

Pour le GPS : Usandizaga Kalea, 10, San Sebastián

Et surtout, où est-ce qu’on teste où les célèbres pintxos de San Sebastián ?

Surtout, ne pas se limiter à une seule adresse ! Ce qui est sympa avec les bars à pintxos, c’est d’en tester plusieurs et de manger des pintxos différents partout où on passe. Voilà les adresses que l’on a testées (et approuvées) :

  • Beti Jai Berria, Fermin Calbeton Kalea, 22, San Sebastián
  • Casa Bartol, Fermin Calbeton Kalea, 38, San Sebastián
  • Casa Alcalde, Calle Mayor, 19, San Sebastián,

Et sur une carte, tout ce que je vous ai raconté, ça donne ça :

6 réflexions au sujet de « San Sebastián : à la découverte du pays basque espagnol »

  1. Ça me donne envie de retourner là bas. Il fut un temps (lointain) où nous y allions régulièrement… maintenant ça fait bien 7 ans que nous n’avons pas les pieds par là bas… et en te lisant je me dis que ca me manque 😊

    • Je te comprends, en écrivant l’article ça m’a donné envie d’y retourner ! Peut-être que vous pourrez y faire un saut pendant votre séjour au Pays Basque cet été 😉

  2. coucou
    Super article, cela fais longtemps que je n’y suis pas allée et j’habite à une trentaine de klm de Bayonne, je ne suis pas si loin que cela. Merci pour les bonnes adresses
    bise

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