Road trip en Louisiane : Lafayette, au cœur du pays cadien

Après une belle journée à profiter du City Park de la Nouvelle-Orléans pour nous remettre en douceur de l’agitation de Mardi Gras, nous avons repris la route pour explorer la Louisiane. Pour ce deuxième road-trip dans le road-trip, nous avons roulé en direction de l’ouest, pour découvrir le Pays Cadien et faire étape dans sa « capitale », Lafayette.

Mais avant d’arriver dans la plus auvergnate des villes de Louisiane (on y reviendra), un arrêt s’est imposé à nous, parce qu’il se trouvait sur notre route et parce qu’on était curieux de découvrir la Crawfish Capital of the World.

Breaux Bridge, ville de ponts et capitale mondiale de l’écrevisse

Breaux Bridge (ou Pont-Breaux en français) est une petite ville de 7000 habitants, située dans le Pays Cadien, à quelques kilomètres de Lafayette. Fondée en 1771 sur un domaine ayant appartenu à un pionnier acadien, la ville de Breaux Bridge est traversée par le Bayou Teche.

Petite parenthèse sémantique et hydrologie :

Le Bayou Teche pourrait se traduire par « serpent serpent », puisque le mot bayou signifie « serpent, sinuosité », en choctaw*, et que le mot teche veut lui aussi dire serpent en chitimachas* (*les langues de tribus amérindiennes du même nom) ! C’est vous dire si cet ancien bras du Mississippi est sinueux (et ressemble donc à un serpent !) ! Sinon, le Bayou Teche est un des plus importants de Louisiane (200 kilomètres de long), il s’est formé sur l’ancien lit principal du Mississippi qui s’y écoulait 3000 ans auparavant.

Firmin Breaux, chassé d’Acadie (la région actuellement composée de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador) racheta donc le domaine qui s’étendait autour du Bayou Teche à un riche français de la Nouvelle-Orléans et y fit construire un premier pont en 1799. En 1817, son fils, Agricole Breaux construit à son tour un pont, praticable cette fois, autour duquel se développe un village, appelé « Ville du Pont de Breaux », à partir de 1829. Plus tard, la ville devient bilingue et s’appelle alors « Breaux Bridge / Pont de Breaux ».

Ce pont est remplacé, en 1950, par celui que l’on traverse encore actuellement, devenu un emblème de la ville (en plus de l’écrevisse !). L’ancien pont est toujours visible dans le « Park des Ponts de Pont Breaux » (inception inside) mais il n’enjambe plus le Bayou Teche.

Les méandres du Bayou Teche, on dirait vraiment un serpent non ?
Vue sur le Bayou Teche et le pont 

Dans cette petite ville de Louisiane, une des principales activités économiques est la pêche à l’écrevisse. C’est pourquoi, en 1959, le Parlement louisianais désigne officiellement la ville comme « capitale mondiale de l’écrevisse ». Chaque année au mois de mai se déroule le Breaux Bridge Crawfish Festival, où sont proposés dégustations d’écrevisses et festival de musique cajun.

Comme nous étions en Louisiane durant le mois de février nous n’avons pas pu profiter de ce festival, et n’avons malheureusement pas trop perçu ce côté « capitale de l’écrevisse ». La jolie petite ville de Breaux Bridge était particulièrement calme lors de notre passage, idéal pour flâner ses rues où chaque bâtiment ressemble à une carte postale ou à un décor de film …


Lafayette, au cœur du pays cadien

Notre étape à Lafayette a été un de mes moments préférés du voyage en Lousiane. Parce que l’histoire des Cadiens m’a passionnéeet parce qu’on avait enfin un logement entier, le plus confortable qu’on ait eu, où on pouvait cuisiner les « 36 » côtes de porc qu’on a été obligé d’acheter chez Albertsons !

Petite parenthèse anecdotique :

Concernant les côtes de porc, il y avait une offre : une barquette achetée, deux offertes ! L’affaire du siècle (même si ça nous arrangeait pas vraiment puisqu’on a mangé que ça pendant deux jours) mais on l’a compris seulement à la caisse en même temps que l’importance des lois sur l’achat d’alcool aux Etats-Unis … Nico n’avait pas son passeport sur lui, uniquement sa carte d’identité, la caissière la refuse en disant que ce n’est pas conforme, je sors mon passeport, elle m’autorise à payer, je prends la carte que Nico tenait, elle demande s’il y a nos deux noms dessus, si on est mariés – non – je ne peux pas payer avec cette carte, Nico veut me donner de la monnaie pour payer, la caissière refuse encore, obligée de sortir ma carte bleue et de prendre je ne sais plus combien de frais au passage … (Nico n’est plus sorti sans son passeport !)

Acadian Cultural Center, une introduction à l’Histoire (a)cadienne

Dès notre arrivée à Lafayette (juste après notre épopée à Albertsons), nous avons pris la direction de l’Acadian Cultural Center, une sorte de musée entièrement dédié à l’histoire des Acadiens et à la culture cajun.

Au fur et à mesure de la visite, on se familiarise avec l’histoire de ce peuple, dont on avait longtemps entendu parler sans réellement connaître leur (triste) histoire.

(Plutôt) Longue parenthèse historique :

Les Acadiens étaient les premiers colons français et européens vivant en « Nouvelle-France », l’Acadie. En 1713, une grande partie de l’Acadie, et de ses habitants, sont cédés à la Grande-Bretagne. Dès 1720, les Britanniques souhaitent déporter les francophones de leur nouveau territoire. En juillet 1755, au cœur d’une période appelée Le Grand Dérangement, le gouverneur en place, Charles Lawrence, décrète la déportation des Acadiens par bateau dans les différentes colonies britanniques. Beaucoup mourront dans ces navires (naufrages, épidémies, etc.), certains seront tués avant même d’embarquer alors que d’autres seront renvoyés en Europe et placés en détention. En 1785, plus de 1500 Acadiens débarquent à la Nouvelle-Orléans. La Louisiane est alors une colonie espagnole, sous le contrôle d’un gouverneur français qui aide ces réfugiés, les Cadiens, à s’installer sur le territoire en leur donnait des parcelles de terre et du matériel agricole. Informés du succès de l’établissement des Cajuns (anglicisme dérivé du terme Cadien), en Louisiane, d’autres exilés francophones souhaitent rejoindre cette terre pleine de promesses et débarquent en 1785.

L’Acadian Cultural Center revient sur les grands événements qui ont marqué l’histoire des Acadiens, le Grand Dérangement, les premiers pas en Louisiane mais aussi les caractéristiques de la culture cajun son folklore et ses traditions comme Mardi Gras, la musique zydeco, etc. Entre vitrines et panneaux explicatifs bien réalisés, on s’immerge peu à peu dans cette culture et cette histoire, riches et captivantes.

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On ressort du centre culturel, nos têtes chargées d’Histoire(s) et on aperçoit Vermilionville, une reconstitution de village acadien. La journée est déjà trop avancée pour qu’on aille la visiter mais on se promet d’y aller le lendemain, afin d’en apprendre encore davantage sur l’histoire de l’Acadiane (l’autre nom du Pays Cadien).

L’Université de Lafayette et ses pensionnaires pas comme les autres !

Comme il nous reste quelques heures avant que le soleil se couche, on décide d’aller se balader sur le campus de l’University of Louisiana at Lafayette (aussi appelée UL) afin de voir les pensionnaires pour le moins singuliers qui s’y trouvent (… ce suspense, ce mystère … ! Insoutenable non ?).

Fondée en 1898, UL est une université publique, une des plus grandes de Louisiane et la seule où l’on peut obtenir un Doctorat en études francophones. Au milieu de ses magnifiques bâtiments rouges en briques (Ô Toulouse !) se trouve Cypress Lake, une étendue d’eau qui offre un condensé des paysages de swamp (les marais de Louisiane qu’on appelle souvent, à tort, le Bayou, en France) et abrite poissons, tortues et … alligators !

Après une petite balade entre les bâtiments, qui nous rappelle notre visite sur le campus de Baton Rouge, on fait le tour complet du lac, en scrutant l’eau pour apercevoir la tête ou le dos d’un alligator dépassant de l’eau, malheureusement sans succès, mais on apprécie quand même la balade et la découverte de cette implantation singulière au cœur d’un campus universitaire !

Lafayette, ville la plus francophile de Louisiane

Pour clore notre première journée en pays cadien, on s’est ensuite baladé dans le cœur de la jolie ville de Lafayette. Ici, on aime le français et on le montre sur les trottoirs comme sur les panneaux, où tous les noms de rues sont écrits dans la langue de Molière.

On se promène au hasard des rues et on arrive finalement devant la Cathedral of St John the Evangelist … un véritable coup de foudre pour moi ! Troisième église construite sur ce site, la Cathédrale Saint-Jean de style néo-roman hollandais, est achevée en 1916 et inscrite au National Register of Historic Places depuis 1979. Composée principalement en briques rouges (Ô Toulouse, encore une fois), cette cathédrale est à mes yeux un vrai bijou d’architecture et sans hésiter la plus église que nous ayons vu en Louisiane.

On poursuit ensuite notre balade à travers les rues, entre les jolies bâtiments colorés et décorés de Lafayette et, quand la nuit est finalement là, on décide d’aller boire un verre au Blue Moon Saloon, un lieu un peu atypique qui fait bar et maison d’hôtes à la fois. C’est un endroit agréable à la déco riche et variée où il y a parfois des concerts de groupes locaux.

Mais ce soir-là pas de concert, et pas beaucoup de monde non plus. Une fois assis, la fatigue de cette journée bien remplie nous rattrape, on rentre à notre « chez nous » provisoire la tête pleine de belles images de cette première journée en terre cadienne.

Vermilionville, village historique

Vermilionville est l’ancien nom de la ville de Lafayette. A sa fondation en 1821 par Jean Mouton, la ville prend ce nom en référence à la rivière Vermilion qui la traverse. Soixante-trois ans plus tard, en 1884, la ville est rebaptisée Lafayette en l’honneur du marquis du même nom (auvergnat – d’où mon histoire de ville la plus auvergnate de Louisiane, CQFD !).

Vermilionville Historic Village est un musée à ciel ouvert, un « parc folklorique » qui retrace l’histoire des Acadiens, des des Créoles et des Amérindiens, entre 1765 et 1890. Sur un parc de neuf hectares, on se balade entre des bâtiments typiques du pays cadien dont sept maisons entièrement restaurées et c’est un véritable voyage dans le temps qui s’offre à nous.

Dans le parc et les bâtiments, des panneaux sont présents pour expliquer différents pans de l’histoire acadienne. Vermilionville fait écho à ce que l’on a déjà appris à l’Acadian Cultural Center et prend forme devant nos yeux grâce à cette reconstitution grandeur nature. On oublie le temps qui passe et le temps présent dans ces maisons d’une autre époque où les artisans nous expliquent leur métier en même temps que l’histoire de la région.

Comme on est français (et qu’apparemment on le porte sur nous), les artisans se font un plaisir de nous dire quelques mots en français ou en français cadien … Le cadien est un français un peu particulier puisqu’il s’agit de vieux français n’ayant pas évolué comme le nôtre, mêlé à des mots qui ressemblent à de l’anglais ou du créole, le tout avec un accent québécois (du moins c’est comme ça qu’on l’a entendu !).

Ils nous demandent d’où on vient, ce qu’on pense de la Louisiane, ils nous disent qu’ils aimeraient voir la France un jour et on réalise l’attachement et la fierté que certains ont d’être liés à ce pays. On réalise aussi que si on remonte très loin dans notre arbre généalogique, on est peut-être liés à ces personnes nous-même !

Notre visite se poursuit, les bâtiments se suivent, sont tous différents et nous offrent chacun un bout d’histoire supplémentaire. C’est une visite passionnante (à condition d’être passionné par l’Histoire bien sûr !) et je ressors de Vermilionville totalement fascinée et déconnectée de la vie moderne.

Lake Martin, à la recherche des alligators cadiens

Afin de prolonger un peu ce moment d’évasion, ce moment à part, on prend la route en direction du paisible Lake Martin. Située à une vingtaine de minutes de Lafayette, le Lac Martin est une réserve naturelle où l’on peut observer la flore et la faune de Louisiane, et notamment des gators (comprenez alligators).

En arrivant là-bas, on a d’abord roulé au pas le long du lac, sur Rookery Road en direction du sud, en s’arrêtant régulièrement pour faire des photos du paysage singulier qui s’offrait à nous. A certains endroits du lac, l’eau est tellement immobile que des milliers de lentilles d’eau l’ont recouvert et transformé en une immense étendue verte, d’où dépassent parfois des souches d’arbres ou des cypress knees (les pneumatophores en français (!), une partie aérienne des racines de cyprès) ou des alligators !

Mais pour les voir, c’est un jeu de patience (dans le silence). On fini donc par laisser la voiture au bord du chemin pour continuer à pieds. Dans cet univers humide et singulier, le silence règne, seulement entrecoupé par le bruit des oiseaux, celui de l’eau ou le murmure lointain des bateaux à moteur qui se trouvent sur le lac.

Cherchez Charlie !

Cherchez (encore) Charlie !

Comme il ne nous semble pas possible de faire le tour complet du lac, on revient sur nos pas, dépasse Lake Martin Road et continue vers le nord alors que le soleil commence à décroître. On aperçoit quelques oiseaux, on croit voir des alligators là où il n’y a parfois que des branches, on regrette un peu de ne pas avoir de jumelles pour aider nos yeux dans cette observation méticuleuse du lac où les reflets jouent avec notre imagination.

Les silhouettes des arbres, où sont accrochées des toiles de mousse espagnole, se détachent nettement sur le ciel qui prend des teintes orangées à l’approche du coucher de soleil. C’est beau, c’est reposant, on se sent bien au bord de ce lac. Hormis des chats, un pêcheur et une promeneuse, on ne croise pas grand monde et on a l’impression d’être seuls au monde à profiter de ce magnifique spectacle sur le Lake Martin.

On reste un moment à observer la couleur du ciel qui change petit à petit, les reflets dans l’eau calme du lac, les silhouettes si singulières des arbres des marais qu’on a vu mille fois en photo mais qu’on détaille enfin de nos propres yeux, sans feuille de papier ou écran d’ordinateur interposé. C’est un paysage tellement beau, tellement apaisant … une raison de plus d’être sous le charme du pays cadien !

La suite, bientôt !

Epinglez-moi !

18 Replies to “Road trip en Louisiane : Lafayette, au cœur du pays cadien”

  1. Et bien tu vois, c’était pas trop long. J’ai adoré, j’ai trouvé ça passionnant !! Vermillionville m’a beaucoup fait pensé à un village du même genre que nous avons visité au Québec … c’est le genre de lieu qui me fascine aussi.

    1. Et ben ça me fait super plaisir ! Ca fera au moins une personne aussi passionnée que moi par tout ça 😀
      C’est quoi le nom du village au Canada ? Si on y va au février je pourrais peut-être le mettre au programme !

  2. C’est hallucinant cette histoire de pièce d’identité. Il m’était arrivé une aventure similaire au Colorado en boite de nuit. J’avais sorti ma carte d’identité marron, le videur m’avait dit « c’est quoi ça ? Si tu cherches les ennuis, tu vas les trouver… » ^^
    Les paysages de marais sont vraiment superbes ! J’ai appris plein de choses avec ton article ! Merci.

    1. Et tu avais finalement pu rentrer dans la boîte ? Parce que là j’ai vu le moment où on abandonnait notre apero derrière nous…
      Les marais c’est vraiment chouette et tellement différents visuellement de ce qu’on connaît, au milieu de ça tu es de suite ailleurs !

      1. Oui, j’avais aussi mon passeport mais c’était un peu dingue comme truc !

  3. C’est super chouette! j’ai bien envie de découvrir Lafayette maintenant!
    Et sinon ton homme, après le coup de la voiture et du passeport, il était content de son séjour aux USA??? 😀

    1. Il faut aller découvrir Lafayette et toute cette région parce que c’est vraiment superbe !
      Et oui Nico était quand même content c’était que des petites contrariétés ! La pire de toutes je la raconte bientôt 😉

  4. Et bien, petite cachotière, je ne l’avais pas lu celui-ci ! Super de partager ces belles découvertes 🙂

    1. J’en ai parlé sur Twitter et Facebook pourtant, mais bon au milieu de la masse …
      Quand j’y pense je me dis que c’est une des parties de la Louisiane que j’ai préféré et puis je repense au reste et finalement je ne sais plus ^^ C’était tellement beau, enrichissant et dépaysant comme voyage !

      1. Je passe souvent en vitesse sur les réseaux sociaux, je suis d’ailleurs impressionnée que la plupart des personnes arrivent à être présentes sur Google plus, Facebook, Instagram et tous ceux que j’oublie ! Ça me dépasse !! Mais je suis contente de trouver le temps de lire quelques articles, ouf !
        Je garde un bon souvenir de la Louisiane même si c’est carrément différent de ce à quoi je m’attendais ! Je vais aller jeter un œil sur le reste de votre road-trip 🙂

        1. C’est sûr que ça prend beaucoup de temps tous ces réseaux sociaux ! Je suis inscrite sur les principaux mais pas très active sur certains, pas le temps et pas toujours l’envie !
          En quoi c’est différent de ce que tu imaginais ? Je suis curieuse de savoir …

  5. J’imaginais encore plus de marais, comme dans le pays d’Hushpuppy quoi ! Et aussi, je pensais que ce serait plus touristique mais ça du coup c’est plutôt positif, j’imaginais la nourriture différente et la jambalaya meilleure ! Mais c’est chouette de se laisser surprendre sinon on n’aurait plus besoin découvrir voyager 😉

    1. Je connais pas Hushpuppy en fait … Mais je pense que je vois ce que tu veux dire quand tu parles de paysages avec plus de marais, c’est peut-être au sud de Houma que tu aurais pu trouver ça, ça avait l’air plus marécageux par là-bas. Je crois que pour le jambalaya ça dépend vraiment où tu le manges et qu’il y a autant de recettes que de restaurants en Louisiane ! Mais comme tu dis les voyages sont faits pour nous surprendre et bousculer les idées que l’on a d’un lieu, que ce soit dans un sens positif ou non !

  6. Tes articles Louisiane sont un vrai régal. Bravo et merci.

    1. Rôô ben merci Alexandra (petit bonhomme qui rougit) <3

  7. Complètement fan de Breaux Bridge. Ca doit être génial en période du festival de l’écrevisse !
    Merci pour la découverte Pauline 😉

    1. Oui ça doit être très sympa ! Il vous reste plus qu’à planifier un voyage en Louisiane au mois de mai 😉

  8. Helpful Article!! Well Written!

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