Road trip en Louisiane : Houma, une immersion au cœur du swamp

Après deux belles premières journées en pays cadien à Lafayette et dans ses environs, nous avons repris la route en direction de Houma, toujours en terre cadienne et en plein cœur de la région des bayous.

Un bref arrêt à Saint Martinville

En chemin pour Houma, on a décidé de faire un premier arrêt à Saint Martinville, jolie petite bourgade à quelques kilomètres de Lafayette, où l’on compte le plus grand nombre de personnes parlant le français en Louisiane.

Posée au bord du Bayou Teche (comme Breaux Bridge), cette petite ville est pleine de charme. La Saint Martin de Tours Catholic Church, une des plus anciennes de Louisiane (construite en 1765), trône au centre du cœur historique de la ville, rappelant le plan urbain des villes françaises et européennes.

Autour d’elle donc, la ville s’étend paisiblement et quelques jolis bâtiments accrochent l’œil du visiteur.

New Iberia et le plus vieux moulin d’Amérique

Plus loin sur la route pour Houma, on avait décidé d’en faire un autre à New Iberia. Fondée en 1779 par des colons espagnols débarqués de Malaga, la localité s’étend autour du Spanish Lake et prend officiellement le nom de New Iberia en 1814. C’est la seule ville de Louisiane a avoir été fondé par les Espagnols.

Traversée par le Bayou Teche elle aussi, cette ville de 30 000 habitants possède un centre historique charmant, un parc agréable et le plus vieux moulin à riz d’Amérique. C’est d’ailleurs en partie pour voir ce moulin que nous avions décidé de nous arrêter à New Iberia.

Mais avant d’aller le visiter, on a décidé de profiter aussi un peu de cette ville aux allures de décor de cinéma avec ses vieux bâtiments en briques, sa grande église, ses jolies maisons et ses arbres majestueux le long de la rivière.


Comme l’appétit vient en marchant (du moins chez moi) et qu’on marchait déjà depuis un long moment, on a finalement repris la voiture pour aller tester une adresse, un peu en dehors de la ville, mais qui valait vraiment le détour : le Bon Creole Lunch Counter. Leurs po’boys sont célèbres et ce n’est pas pour rien !

Ravis et repus, on a pris le chemin du Conrad Rice Mill. La visite du lieu se compose en deux temps : la visite du moulin avec un guide, et le visionnage d’un film à propos du moulin, du riz et de la culture cajun d’une manière plus générale. On a malheureusement été un peu déçus par l’ensemble : même si tout était intéressant, on a trouvé la visite et les explications trop rapides et succinctes et le film un peu trop « daté ».

En service continu depuis 1912, le moulin se trouve dans un bâtiment en tôle, à 60 kilomètres des rizières qui l’alimentent. Les rizières sont exploitées d’avril à août pour le riz (semé par avion !) et le reste du temps elles sont remplies d’eau pour l’élevage des écrevisses. Dans le moulin, tout un tas de machines anciennes permettent de découper l’enveloppe du grain, de trier le riz et même de l’empaqueter. Le riz produit ici est celui de la marque Konriko, une des plus réputées pour la préparation des plats cadiens.

Houma, côté ville

En quittant New Iberia pour rejoindre Houma, on a traversé une partie de l’Atchafalaya Basin et d’autres paysages très marécageux, parfaite introduction à ce qui nous attendait ensuite.

Arrivés à Houma, on a posé nos valises dans notre agréable chambre du Microtel Inn & Suites by Wyndham, à quelques mètres d’un centre commercial et d’une flopée de fast-food. Pas le plus beau quartier de Houma donc, mais le rapport qualité / prix du lieu est réellement intéressant et sa situation finalement assez pratique, pour les déplacements comme pour les repas.

En simplement dix minutes de voiture, nous étions à Houma, prêts à découvrir cette bourgade paisible, traversée par le Bayou Terrebonne. Alors que le soleil déclinait, on s’est baladés dans les rues résidentielles de la ville, passant d’un trottoir à l’autre pour mieux observer les jolies maisons que l’on croisait.

On s’est arrêté un moment devant la jolie St Francis de Sales Cathedral, de style gothique qui ressemble à celles que l’on voit en France. Cette cathédrale a été construite sur le site de la précédente, détruite par un ouragan en 1926, elle fait partie d’un « campus » sur lequel se trouve également une école, un centre paroissial pour les jeunes, un presbytère et un couvent.

On a ensuite marché jusqu’à West Main Street, bordée de quelques commerces et de jolis bâtiments avant de rejoindre les quais qui longent le Bayou Terrebonne. La lumière douce de cette fin de journée et les reflets dans l’eau paisible du bayou nous ont offert un joli spectacle et un vrai moment de détente.

Après cette petite excursion agréable dans la ville, on en a effectué une d’un tout autre genre : le shopping au centre commercial ! La fin du voyage en Louisiane approchant, on voulait acheter quelques souvenirs pour nous et nos familles mais aussi, et surtout, trouver une cravate pour Nico pour le mariage auquel nous allions ensuite au Mexique. Et c’est en achetant ladite cravate qu’on est passé pour des hurluberlus (oui hurluberlus, carrément !) auprès d’une caissière (pas une nouvelle histoire de carte d’identité rassurez-vous !). Comprenant que nous étions des touristes, elle nous a demandé d’où on venait mais surtout pourquoi on était là, à Houma, dans le trou perdu de la Louisiane et des Etats-Unis selon elle. On lui a expliqué notre envie de découvrir la région et de faire une balade dans le swamp mais je pense qu’à ses yeux de jeune fille rêvant de vivre à New-York ou Los Angeles, on restera à jamais des hurluberlus venus de France pour se perdre dans le fin fond de l’Amérique !

Houma, côté swamp

Le Mandalay National Wildlife Refuge

Le lendemain matin, après un copieux petit déjeune à l’hôtel et en attendant notre balade sur le swamp à 14h, nous avons mis le cap sur le Mandalay National Wildlife Refuge. Créé en 1996, ce refuge de près de 2000 hectares a pour but d’offrir un abri aux oiseaux migrateurs et à d’autres animaux tout en préservant la flore. Il a également pour objectif de permettre l’observation de cette faune et de cette flore tout en éduquant au respect de l’environnement et de l’écosystème spécifique que représentent les wetland (comprenez les marécages).

Une fois la voiture garée sur un micro-parking tout au bout de l’allée, on a continué la balade à pied, émerveillés par ce qui nous entourait. Dans ce refuge de la faune sauvage, un chemin permet de progresser à travers la flore locale qui s’en donne à cœur joie ! Mousse espagnole suspendue aux arbres, cyprès chauves et lataniers balisent le chemin en offrant une vision de carte postale louisianaise.

On a entendu quelques oiseaux mais on en a vu finalement assez peu, malgré les zones d’observations aménagées dans le parc. Peut-être que ce n’était pas la bonne heure, ou la bonne saison, peut importait au final car le lieu est suffisamment agréable en lui-même pour ne pas regretter la balade. On n’a pas non plus vu d’alligators alors que, d’après ce qu’on a pu en lire, on peut en voir dans les étangs ou même sur le chemin du refuge ; par contre on a vu des apple snails (enfin surtout les coquilles), sûrement les plus gros escargots du monde !

Impressionnant non ?

Loin de la route et de l’agitation des villes, ce refuge porte bien son nom et nous a offert à nous aussi un véritable abri l’espace d’une heure ou un peu plus. Un moment de calme et de détente, au cœur de la nature, sous le soleil de Louisiane, le prélude parfait de cette journée inoubliable !

Annie Miller’s Son’s Swamp and Marsh Tours : une immersion géniale au cœur du swamp

Parmi toutes les possibilités qui existent pour faire un tour sur le swamp dans cette région-là, on avait choisi de réserver auprès de Annie Miller’s Son’s Swamp and Marsh Tours. Un peu avant 14h, heure de départ de la balade, on s’est donc garés sur le parking du Bayou Delight Restaurant, à proximité du Bayou Black, point de départ du tour.

Après quelques consignes de sécurité et de rapides présentations, notre petit équipage, composé de Jimmy Bonvillain le capitaine et, donc, fils d’Annie Miller, d’un couple de Suisses, d’un couple d’Américains et d’un couple de Français (nous) (personne n’est tombé à l’eau, il n’y a donc pas de chute (!) à cette présentation) a pris place à bord d’une grand barque en ferraille, dans laquelle je n’étais personnellement pas très rassurée de monter.

Mais, rapidement, les anecdotes et explications de notre capitaine et le calme et beauté environnant ont balayé mes inquiétudes, me permettant de profiter pleinement du moment. Jimmy sillonne la région depuis trente ans, il la connait sur le bout des doigts, on a donc eu droit à une promenade totalement passionnante, entre faune, flore, histoires locales ou familiales.

Une petite parenthèse à propos de Jimmy Bonvillain’s mother, Annie Miller :

Trappeuse cadienne passionnée de nature, Annie Miller a été la première à organiser des balades en bateau sur le swamp dans cette région, en 1979. Experte de ce territoire et de sa faune, elle faisait une vivre une expérience inédite et intéressante à tous ceux qui participaient à son tour, appelant les alligators par les prénoms qu’elles leur avaient donné pour qu’ils viennent plus près du bateau. Grâce à son action et à sa renommée, le tourisme dans la région a considérablement augmenté et le marsh et les bayous ont été déclaré lieu de préservation des alligators. Annie Miller, surnommée « Alligator Annie » est célèbre pour son travail de conversation du swamp et a reçu plusieurs distinctions pour cela.

Un peu après la Myrtle Grove Baptist Church, notre capitaine a mis le cap à droite pour rejoindre un bras d’eau où peu à peu les habitations cédaient leur place à la nature et à ses habitants.

A chaque fois qu’il apercevait un oiseau ou un arbre particulier, Jimmy s’arrêtait pour nous expliquer, raconter une histoire, laisser du temps pour prendre une photo. On a fini par rejoindre un plus grand bras d’eau, dans lequel notre embarcation a filé, tapant sur l’eau avec un bruit sourd, régulier ; le bruit du moteur et du vent couvraient un peu la voix de Jimmy qui continuait, imperturbable à nous raconter son swamp adoré.

Et puis il a ralenti, la barque a glissé vers un bras d’eau moins large, les histoires et les explications ont continué, les arrêts photos aussi. Avant de nous emmener voir les alligators, Jimmy nous a montré son endroit préféré du swamp, un tout petit bras d’eau calme, paisible et magnifique, comme il y en a sûrement des dizaines mais voilà, celui-là, il l’adore. On est resté quelques minutes à observer son petit coin de paradis, charmés nous aussi par la beauté de l’endroit.

Après cet agréable moment de contemplation, on a eu droit à un autre genre d’émotion puisque Jimmy nous a emmené dans un endroit où on a pu observer deux alligators, à quelques mètres de la barque. A l’image de sa mère, Jimmy les appelle par un prénom et semble avoir lié avec eux une véritable « relation ».

On est resté un moment à les regarder, à les prendre en photo et les filmer, le sourire aux lèvres et des étoiles plein les yeux : voir ces animaux aussi imposants qu’impressionnants dans leur milieu naturel est vraiment une expérience géniale et unique !

 

Puis le moment de faire le chemin en sens inverse était finalement arrivé. D’autres arrêts et d’autres anecdotes ont ponctué le retour, nous permettant de prolonger encore un peu ce moment riche en émotions et en belles images. Après plus de deux heures et demi de promenade sur l’eau, on a rejoint la terre ferme ravis d’avoir choisi ce tour et d’avoir rencontré un homme aussi passionné et passionnant !

Et ravis d’être venus jusqu’à Houma, malgré tout l’étonnement que ça a pu susciter chez certaines personnes 😉

 

4 Replies to “Road trip en Louisiane : Houma, une immersion au cœur du swamp”

  1. Quelle ambiance fascinante… je rêve de découvrir les bayous de Louisiane et tu m’as tellement tentée!

    1. Oui c’est vraiment un univers à part, très dépaysant et déroutant, avec un côté un peu mystérieux et inquiétant et apaisant en même temps !
      PS : ne rêve plus, vas-y ! ^^

  2. Tes photos sont magnifiques et me donnent envie de faire le même voyage ahah

    1. Haha ! Merci ! Et je te souhaite de faire le même voyage un jour, c’était génial 🙂

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