Road trip en Louisiane : Thibodaux et Laurel Valley

Pour la fin de notre séjour dans la région cadienne (et en Louisiane), on avait décidé d’explorer Thibodaux, la petite ville voisine de Houma et ses alentours. L’occasion pour nous, encore une fois, de voir de belles bâtisses et d’en apprendre plus à propos de l’Histoire de la Louisiane mais aussi de goûter à de nouvelles saveurs !

Thibodaux côté ville

Après notre fantastique balade dans le swamp, on a profité des dernières lueurs du soleil dans les rues de Thibodaux. Cette petite ville de près de 15 000 habitants est située sur les rives du Bayou Lafourche, au nord ouest de Houma, toujours en pays cadien.

Un peu d’histoire :

Au 18e siècle, le site sur lequel se trouve la ville était occupé par des colons français. En 1830, la ville prend le nom de Thibodauxville, en l’honneur de Henry Schuyler Thibodaux, propriétaire d’une plantation dans la localité et gouverneur intérimaire de la Louisiane en 1824. A cette époque, Thibodauxville était un carrefour du commerce dans cette zone agricole. En 1838, le nom de la ville est changé pour Thibodeaux puis en 1918 une nouvelle fois pour la forme que l’on connait aujourd’hui : Thibodaux.

Au moment de notre balade, la ville était calme et paisible, les bâtiments éclairés par une douce lumière de fin de journée … bref, c’était un moment de découverte très agréable qui venait clôturer à merveille une belle journée dans le swamp !

Comme a notre habitude, on a déambulé au hasard dans les rues de la ville, on s’est garés le long de Canal Boulevard et puis après on a marché, sans objectif particulier, si ce n’est profiter, découvrir, les yeux grands ouverts. On s’est arrêté devant des jolies maisons colorées, des églises et au pied du château d’eau de Thibodaux, pour regarder plus longuement l’imposante et magnifique St. Joseph Co-Cathedral.

La construction de cette cathédrale de style néo-renaissance a commencé en 1920 et a duré trois ans. Décorée de briques, elle rappelle certaines églises européennes avec ses deux tours et sa rosace qui surplombe l’entrée. Elle est inscrite, avec son presbytère, au National Register of Historic Places.

First Presbyterian Church

Puis on a continué notre promenade à travers les petites rues calmes de la ville, au milieu de maisons rivalisant de beauté avec leurs couleurs pastels, leurs balcons et leurs colonnes.

St. John’s Episcopal Church (la plus vieille église épiscopale à l’ouest du Mississipi, construite en 1843)

A force de marcher vers le Bayou Lafourche, en direction du nord donc, on est arrivé dans le cœur historique de la ville, quelque part entre Jackson Street et Saint Louis Street.

Là, on a découvert un autre visage de la ville avec de vieux bâtiments aux façades singulières, d’autres dans le style French Quarter, l’imposant Old Courthouse avec ses colonnes grecques et ses dômes cuivrés, et puis d’autres bâtiments plus modernes. C’est un véritable voyage à travers le temps et les styles, un surprenant mélange d’ancien et de moderne qui donne du charme à ce cœur de ville.

En chemin pour un peu de repos dans notre hôtel à Houma, on fait un dernier arrêt pour admirer Ardoyne Plantation House, une impressionnante et magnifique bâtisse qui se trouve au bord de la Old Schriever Highway. Construite en 1894 John Dalton Shaffer pour sa femme, cette maison de style néo-gothique est inscrite au National Register of Historic Places depuis 1982.

NB : Nous avons fait le choix de la regarder seulement de loin mais cette maison se visite et présente l’histoire de la famille et de la plantation.

Une balade hors du temps à Laurel Valley

Après une bonne nuit de sommeil à Houma, on a de nouveau mis le cap sur Thibodaux pour explorer ses alentours avant de rejoindre la Nouvelle-Orléans et son aéroport.

Un peu tristes d’arriver à la fin de ce beau voyage en Louisiane et en même temps impatients de prendre l’avion pour le Mexique, cette journée a donc été un peu particulière pour nous. Heureusement, les visites de ce jour-là ont été mémorables et passionnantes et on a donc pleinement profiter de cette dernière journée dans l’Etat du Pélican !

Laurel Valley Plantation Store, un musée pas comme les autres

La première étape de notre journée, c’était le Laurel Valley Plantation Store. Un endroit surprenant et passionnant où s’expose un impressionnant bric à brac dans un état de conservation parfois malheureusement très moyen.

La Laurel Valley Plantation était une plantation de canne à sucre, propriété de Joseph Tucker, qui s’étalait sur plus de 20 000 hectares. Les premiers bâtiments de cet immense complexe agricole ont été construits autour des années 1830. La maison principale de cette plantation a été détruite pendant la Guerre de Sécession et le reste de la plantation a subi d’importants dommages lors du passage de l’ouragan Betsy, en 1965.

Aujourd’hui, il reste un peu plus de cinquante constructions de cette gigantesque plantation dont le general store, construit lui en 1905. Aujourd’hui, ce bâtiment abrite divers objets, certains très anciens, d’autres plus récents. C’est un musée sans cartel, sans étiquette, sans classement, désordonné et fabuleux … à l’image du terrain sur lequel il se trouve !

C’est d’ailleurs par l’extérieur que nous avons commencé notre visite. Abritées sous des constructions vétustes en bois ou laissées, ici où là, à l’air libre, des carcasses de véhicules et d’engins agricoles témoignent du passé de l’endroit. Tous ces témoins historiques se couvrent peu à peu d’une patine rougie, la rouille, qui finira malheureusement par les dévorer et emporter avec eux les souvenirs de ce passé agricole.

Si mes souvenirs sont bons, ce camion a été importé d’Europe au début du 19e siècle

Pour moi qui suis passionnée d’Histoire et de vieilleries, c’était un peu triste de voir tous ces fragments de passé abandonnés, livrés à eux-mêmes et surtout aux éléments … Malgré cela, la visite de ce « jardin » pour le moins singulier m’a fascinée. Même sans étiquette et sans guide, on a pu retracer l’histoire du monde agricole au fil des années grâce à l’évolution de certains objets et véhicules agricoles « exposés » ici.

Cet endroit est également une petite Arche de Noé où cohabitent poules, oies, cochons, chèvres et chats …

A l’intérieur du general store devenu musée et brocante en même temps (certains objets sont à vendre), on a été accueillis chaleureusement par le gardien du lieu et accompagnés dans notre visite par le matou qui semble régner sur ce lieu (la boule de poil toute douce ci-dessus).

Notre découverte de ce paradis des jolies vieilleries (et parfois du kitsch !) s’est donc fait au son du miaulement de ce beau félin, de quoi rendre cette visite encore plus surprenante et mémorable !

Laurel Valley Village

A quelques mètres de là, on a ensuite découvert l’autre partie de Laurel Valley, son village, abandonné depuis 1930, au bord de la Laurel Valley Road.

Aujourd’hui, il reste un peu plus de cinquante constructions de cette gigantesque plantation, ce qui en fait le plus important vestige de plantation de canne à sucre datant des 19e et 20e siècle encore existant. Le site est classé au National Register of Historic Places depuis 1978 et une association s’occupe actuellement de restaurer progressivement les différents bâtiments qui le compose.

Il est possible de faire une visite guidée du site, nous ne l’avons pas faite car nous n’avions pas pris rendez-vous. Mais l’observation, même éloignée, de ces bâtiments et de ce lieu reste quelque chose de vraiment marquant.

Devant cet ensemble de cabanes de bois et de tôles qui n’est qu’une partie de ce qu’était cette plantation, on réalise bien la grandeur et l’importance qu’avait cette plantation ; en effet, c’était la plus grande production de sucre de cannes de la région et un véritable moteur économique pour la région.

Il se dégage de cet endroit une atmosphère vraiment très particulière. Ce village fantôme, ce bout d’histoire qu’il représente, il en émane tant de tristesse et en même temps une certaine beauté aussi, offerte par la patine du temps et la cohabitation avec des arbres aux formes singulières, presque mystiques …

La meilleure vodka du monde est fabriquée à Thibodaux !

Avant de reprendre la route en direction de la Nouvelle-Orléans, on a fait un dernier arrêt à la distillerie Donner-Peltier. On y a été accueilli avec le sourire par une équipe jeune, dynamique et sérieuse.

L’objectif de notre arrêt dans cette distillerie n’était pas d’acheter de l’alcool pour la suite de notre voyage mais bien de visiter la distillerie et d’en savoir plus sur la confection des alcools locaux vendus dans la partie boutique.

Accompagnés d’une jeune femme très sympathique, on a donc découvert l’envers du décor et les énormes cuves-matières qui leur permettent de distiller rhum, whisky et vodka. Ici la production est réalisée avec soin et avec des produits locaux.

Le local n’étant pas très grand, la visite a été assez rapide mais très intéressante. Notre guide a pris le temps de nous expliquer en détail tout le processus de fabrication de leurs alcools, les choix qu’ils ont opéré par rapport à la production, au produits utilisés, etc.

On a ensuite eu le droit à une petite dégustation des alcools produits sur place. J’ai choisi de goûter le rhum aux noix de pécan, original et bien aromatisé, et la vodka Oryza®, une vodka faite avec du riz … la meilleure vodka du monde (elle a d’ailleurs reçu de nombreuses récompenses) !

Etant plus amatrice de vin que d’alcools forts, je l’ai goûté plus pour voir si elle avait réellement ce goût si particulier dont nous avais parlé notre guide que par envie de boire de la vodka et j’ai été agréablement surprise ! Elle a effectivement un goût vraiment singulier, plus doux que ce à quoi je m’attendais, si bien qu’on en oublierait que c’est de la vodka !

Retour à la Nouvelle-Orléans et fin du voyage

Après cinq belles journées passées dans le pays cadien autour de Lafayette et Houma, c’est sous la grisaille et finalement la pluie (la seule fois où l’on vue durant notre séjour) que nous avons repris la route vers la fin de notre voyage en Louisiane.

Logés à Metairie (entre la Nouvelle-Orléans et l’aéroport) pour cette dernière nuit, on a pas résisté à l’envie d’aller se promener une dernière fois dans le French Quarter et sur les berges du Mississippi (on s’est d’ailleurs retrouvé bloqué pendant 15 minutes (15 vraies minutes) sur les berges en question parce qu’un train trè(èèèèèèè)s long quittait la gare de NOLA).

Pour finir en beauté ce séjour dans le berceau du jazz, on a décidé d’aller au Spotted Cat Music Club, sur Frenchmen Street. Là, on s’est délecter une dernière fois de ces sonorités et de cette ambiance si particulière, de cette empreinte sonore propre à cette ville et à la Louisiane d’une manière générale, de ce concert d’instruments et de rythmes qui reflètent à merveille la diversité culturelle de cet état si riche et passionnant.

Une petite anecdote « Panique à l’aéroport » avant la suite de nos aventures au Mexique :

Notre avion pour le Mexique décollait tôt, très tôt, trop tôt (6h15 pour être exacte), nous devions rendre notre voiture de location avant de partir, le réveil a donc sonné vers 3h du matin après une nuit très brève. On rend la voiture de location, on s’apprête à enregistrer nos bagages en soutes quand … panique … on n’arrive pas à éditer ma carte d’embarquement aux bornes ! Malgré l’heure très (trop) matinale, je suis désormais bien réveillée, totalement paniquée, m’imaginant déjà des dizaines de scénarios catastrophes pour la suite de notre voyage. L’aéroport est déjà plein, on a du mal à trouver quelqu’un pour nous renseigner et quand finalement on trouve quelqu’un, la panique ne s’estompe pas vraiment : le billet avec lequel je voyage depuis le départ n’est pas à mon nom, il y a une faute dans mon nom de famille et « normalement » ça ne devrait pas poser de problème mais on peut quand même me refuser l’embarquement selon la personne qui nous renseigne. La suite de l’histoire en bref : j’ai pu monter dans l’avion pour Atlanta où on prenait ensuite un vol pour Mexico puis Oaxaca. A Atlanta, on a essayé d’appeler la compagnie pour voir si c’était possible de corriger le billet, elle nous a renvoyé vers Expedia, qui nous a renvoyé vers la compagnie … Panique toujours et puis panique à chaque contrôle et jusqu’au retour en France une semaine plus tard ; mais personne n’a tiqué ou personne n’a rien dit et j’ai voyagé avec un billet avec mon nom écorché jusqu’au bout !

10 Replies to “Road trip en Louisiane : Thibodaux et Laurel Valley”

  1. Alors là, je n’aurais jamais cru que de la vodka était produite ici !

    1. Et qui plus est faite avec du riz ! C’était surprenant mais vraiment bon !

  2. L’architecture très belles! Un bon article de votre blog <3

  3. J’adore les endroits abandonnés et figés dans le temps. Du coup, gros coup de cœur pour le Laurel Valley Village. Merci pour la découverte 🙂

    1. Avec grand plaisir ! Çà a été un gros coup de cœur pour moi aussi sur place, j’avais hâte d’en arriver à ce point du voyage pour en parler 🙂
      Vu ta passion tu as du te plaire avec les articles « Ruines » de #EnFranceAussi !

  4. La Louisiane en mode vintage, une belle découverte
    Merci

    1. Avec plaisir Chacha ! Et j’espère qu’un jour tu auras l’occasion de sillonner toi aussi la Louisiane avec ta tribu ! Belle journée 🙂

  5. Ah la magie des lieux abandonnés ! Entre ça, le jazz et les plantations, j’avoue que je me demande si la Louisiane ne surpasserait pas la Californie dans ma wishlist…

    1. Personnellement je suis très contente d’avoir débuté ma découverte des États-Unis par cet état si beau, enrichissant et accueillant ! Ça fait vraiment une belle première impression du pays et ça donne envie d’y retourner ! Je te souhaite de découvrir la Louisiane toi aussi un jour ! Bonne journée 🙂

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