Le Golfo di Castellammare en Sicile : la nature à l’état sauvage

Septième jour de notre voyage en Sicile, la dernière journée complète sur place, pas de pluie à l’horizon d’un beau ciel bleu. On a la voiture de location jusqu’à la fin de cette journée alors on décide de l’utiliser au mieux en allant faire un tour vers la Riserva Naturale Orientata dello Zingaro, à 80 kilomètres de Palerme, pour profiter de la nature sicilienne et des plages du Zingaro.

Tonnara di Scopello, beauté rocailleuse

Un peu avant la Riserva Naturale Orientata dello Zingaro, on fait un arrêt à Tonnara di Scopello, petite crique réputée (et très prisée en été, selon de nombreux guides, blogs et sites internet) pour être une des plus belles de Sicile. Pour y accéder, on se gare sur un parking (payant) le long de la Strada Provinciale 63 (il y a aussi un parking plus proche de la plage ne savant pas s’il était accessible à tous ou réservé aux personnes logeant dans la tonnara, nous n’avons pas tenté le coup).

Déjà depuis la route, on aperçoit le haut des rochers qui surplombent et encadrent la crique et déjà, le spectacle de la nature semble magnifique. A mesure que l’on descend le long du sentier, on voit de plus en plus les rochers, la mer qui vient s’y écraser, les toits des bâtiments et leurs couleurs chaudes qui s’accordent parfaitement avec celle des pierres et contrastent à merveille avec celle de la mer. L’émerveillement est total.

Arrivés dans la crique, l’enchantement continue. Les rochers, certains coiffés de tours, qui encadrent la crique sont massifs, impressionnants, bruts, ils apportent beaucoup de caractère au lieu. Les constructions, anciennes ou plus récentes, qui bordent la crique sont charmantes et s’intègrent parfaitement au paysage, on a même l’impression que certaines ne font qu’un avec les roches environnantes.

Quelques nuages sont présents dans le ciel, mais bizarrement ils ajoutent un je ne sais quoi qui va très bien au lieu, peut-être un certain relief, qui trouve écho dans celui des rochers. Devant la tonnara (comprenez pêcherie de thon), les grandes ancres liée à l’histoire du lieu ajoutent elles aussi beaucoup de charme à ce tableau déjà magnifique.

Et que dire de la vue … une mer toute en nuances de bleu et de vert, dansante et scintillante et, au loin, le relief des Monti di Palermo qui se détache sur le ciel nuageux … Grandiose !

Ici, pas de plage de sable blanc, l’accès à la mer se fait directement depuis le petit quai qui servait sûrement de mise à l’eau pour les bateaux partant pêcher le thon. Quelques transats occupent une partie du quai, des chats se baladent, dorment, semblent observer eux-aussi la mer ; ce lieu est une invitation à la contemplation et à la détente.

Bien décidés à profiter pleinement de la mer après quelques journées agitées niveau baignade, on ne tarde pas à se mettre à l’eau avec masque, tuba et palmes. La mer étant un peu houleuse, la visibilité n’est pas excellente et on arrête rapidement le snorkeling pour profiter simplement de la mer et du paysage magnifique qui l’entoure.

Lorsque l’on repart de Tonnara di Scopello, le ciel est presque totalement dégagé, le vent a dispersé les nuages et on redécouvre le lieu dans l’autre sens, sous une lumière nouvelle, toujours avec le même émerveillement.

La Riserva Naturale Orientata dello Zingaro

A trois kilomètres de Scopello, la Réserve Naturelle du Zingaro s’étend sur 1 700 hectares, elle s’étend sur 7 kilomètres de côtes, orientées vers l’est et les Monti di Palermo. 

Créée en 1981 suite à des contestations à propos de la construction d’une route, c’est la première réserve naturelle de Sicile. Elle est inscrite depuis 2006 dans la liste des sites d’importance communautaire pour la région biogéographique méditerranéenne sous le nom « Capo San Vito, Monte Monaco, Zingaro, Faraglioni Scopello, Monte Sparacio » (Réseau Natura 2000). Elle abrite 650 espèces végétales, dont certaines rares ou même endémiques, et 39 espèces d’oiseaux nicheurs.

La Riserva Naturale Orientata dello Zingaro, paradis des amoureux de nature

On arrive à Zingaro par l’entrée sud où se trouve un parking et un petit guichet pour s’acquitter du droit d’entrée (3€). Trois sentiers permettent de parcourir la Riserva Naturale Orientata dello Zingaro, on opte pour le Sentiero principale, qui longe la côte, puisque nous avons dans l’idée de nous baigner dans les jolies criques essaimées dans la réserve.

La vue est magnifique : la nature a perte de vue, en version végétale, aquatique et rocheuse ! Sur la gauche et face à nous, la réserve naturelle s’étend, rocheuse et parsemée de vert foncé, ici de vert plus clair, de bosquets, de palmiers, de cactus, de plantes dont on ne connait pas les noms. Sur la droite, la mer s’étend, magnifique, d’un bleu profond, apaisant et, les silhouettes des Monti di Palermo se dressent fièrement, mais toujours un peu embrumées, au-dessus de la rive opposée.

Le sentier que l’on emprunte au départ et large et plutôt aplani, notre route croise un tunnel creusé à la même la roche assez impressionnant qui marque officiellement l’entrée sans la réserve naturelle. La perspective sur la réserve change à chaque pas, mais reste, toujours, magnifique. On aperçoit, en contrebas, des petites tables de pique-nique, surmontées d’un petit toit pour protéger du soleil, et puis on aperçoit la mer et ses remous lorsqu’elle frappe la côte.

A certains endroits, les falaises tombent à pic dans l’eau, à d’autres la pente est plus douce mais se termine, inévitablement par un pan rocheux, acéré, taillé avec précision par la mer depuis des milliers d’années. Cette côte est magnifique, sauvage et préservée, idéale pour les amoureux de nature. Les sommets qui surplombent la réserve mais aussi les environs (et même le rivage opposé) sont corpulents, impressionnants ; on se sent vraiment tous petits au milieu de ces paysages d’immensité.

Tellement de caractère et de beauté brute se dégage de ce panorama qu’on ne sait plus bien où regarder pour ne rien manquer de l’envoûtant spectacle qui s’offre à nous.

Baignade (ou presque) à la Cala Capreria

Cachée dans une anse de la réserve, la Cala Capreria est la première plage que l’on rencontre sur le Sentiero Principale. En réalité, elle se trouve en contrebas de ce sentier et il faut donc emprunter un sentier beaucoup moins large et beaucoup plus rocailleux pour la rejoindre, ce que l’on décide de faire.

Même si le sentier est escarpé, et donc un peu plus dangereux, difficile de détacher ses yeux des paysages merveilleux de Zingaro. Au bout de quelques minutes, on aperçoit finalement la plage, sur laquelle se trouvent quelques personnes, face à une mer qui semble un peu (beaucoup) déchaînée.

La Cala Capreria est une petite plage, nichée dans une crique rocheuse. Le lieu est magnifique et la couleur de l’eau idyllique, mais ce jour-là, la mer n’a que la couleur de l’idylle. Le vent s’engouffre dans la crique et forme des rouleaux impressionnants dans lesquels j’hésite à me baigner. Habitué aux vagues siciliennes, Nico va à l’eau sans trop de problème.

Je regarde la mer démontée, sauvage, à l’image de la nature dans cette réserve, qui frappe la plage, médusée. L’envie de me baigner est finalement plus forte et puis je me dis qu’après tout je sais nager, il y a d’autres personnes qui se baigne, Nico n’est pas loin, pas de raison de s’inquiéter. Je pense que je suis rester trois minutes dans l’eau, le temps de rejoindre la plage après le deuxième gros rouleau qui a tenté de m’emmener au large …

J’ai beau savoir nager, ce jour-là j’ai compris que ce n’était pas suffisant et j’ai préféré rester tranquillement, et en sécurité, sur la plage à regarder le paysage plutôt que de tenter le diable (qui s’habille donc parfois en jolie mer bleutée). Nico m’a finalement rejoint assez rapidement, fatigué de lutter contre la houle.

A ce moment-là, la baignade à Zingaro, où toutes les plages sont orientées de la même manière, nous a semblé fortement compromise. On a donc décidé de quitter la réserve naturelle, mais pas sans faire encore quelques photos, pour trouver une plage mieux protégée du vent et pouvoir se baigner tranquillement pour notre dernier jour en Sicile.

La Cala Mazzo di Sciacca

Quelques mètres avant l’entrée de la Riserva Naturale Orientata dello Zingaro, on avait aperçu une anse, orientée vers le nord qui nous semblait être le lieu parfait pour une baignade plus au calme.

Située très en contrebas (la pente pour y accéder est vraiment impressionnante) de la Strada Pronvinciale 63, la Cala Mazzo di Sciacca est une plage de galets du village de Scopello. Elle se situe donc dans une anse, à proximité de la Réserve Naturelle du Zingaro dont on aperçoit d’ailleurs les sommets depuis la plage. Elle est d’ailleurs souvent le point de départ des plongeurs vers la réserve naturelle.

Un peu moins agitée qu’à la Cala Capreria, la mer restait quand même un peu trop mouvementée pour qu’on puisse faire du snorkeling alors on s’est tout simplement baigné, en faisant attention aux rochers cachés dans les remous de l’eau, ravis du paysage qui s’offrait à nous et du soleil qui nous réchauffait.

Une dernière soirée à Palerme

Sur le chemin du retour vers Palerme, on n’a pas pu s’empêcher de faire un arrêt au belvédère de Castellammare del Golfo, le long de la Viale Umberto I, pour admirer la vue sur le port et la ville de Castellammare del Golfo et les Monti di Palermo.

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Arrivés à Palerme, on a rendu la voiture de location sans aucune égratignure (même si je n’y croyais pas trop au départ) et on a profité une dernière fois de cette ville aux visages et aux architectures multiples.

Le Castello della Zisa au soleil couchant

Lorsqu’on l’a rencontrée, notre hôte palermitaine nous avait conseillé d’aller voir le Castello della Zisa, qui se trouve à quelques rues seulement de son logement. Ce soir-là, on a pris le temps de le faire et on a regretté de ne pas l’avoir fait avant, puisque le bâtiment était fermé.

Trônant sur le Giardino della Zisa, un peu rectiligne mais quand même agréable, cette demeure nous a quand même révélé un nouveau visage de Palerme, celui de l’art fatimide (la dynastie des Fatimides a régné en Ifriqiya (ancien territoire regroupant l’actuelle Tunisie, l’est de l’Algérie et l’ouest de la Lybie) puis en Égypte entre 909 et 1171).

Érigé en 1165 par Guillaume 1er et terminée par son fils Guillaume II, le Castello della Zisa est considéré comme le plus remarquable témoignage de ce type d’architecture à Palerme. Et ce bâtiment, d’apparence peut-être un peu austère, livre apparemment bien des merveilles une fois ses portes poussées.

Au-delà des décorations et détails d’architectures, c’est aussi le côté « pratique » du bâtiment qui le rend remarquable. En effet, les côtés du bâtiment étaient autrefois remplis de sable, à la fois pour consolider la bâtisse et pour conserver la fraîcheur des murs ; un système de climatisation avait également été mis en place grâce à des conduites à travers les murs.

Aujourd’hui le Castello della Zisa abrite le musée d’Art islamique et, donc, de nombreux trésors de l’art musulman en plus de ceux incrustés dans ses murs. Une autre raison de retourner en Sicile pour nous, même si, le spectacle de ce bâtiment singulier dans la lumière du soleil couchant, avec les Monti di Palermo en arrière-plan valait déjà le détour ce soir-là !

Palerme la nuit

Le reste de notre soirée a été fait de tout ce qu’on aime : une balade au hasard dans les rues de la ville, d’églises en places, en passant par des petites ruelles animées. Et c’est d’ailleurs pour moi la meilleure façon de visiter Palerme et de voir ses merveilles, à la lumière des reliefs et contrastes que fait naître l’obscurité.

Le lendemain on est rentré en France, la tête pleine de souvenirs de la Sicile, certains ensoleillés, d’autres non ; certains heureux, d’autres frustrants ; certains gourmands, d’autres encore plus gourmands (!) et avec la certitude qu’il faudrait un jour revenir sur cette île merveilleuse pour découvrir ses autres trésors et en revoir certains !

Et vous, avez-vous envie d’aller ou de retourner en Sicile ? Qu’est-ce qui vous attire ou vous a marqué sur cette île ?

Épinglez-moi !

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