Une journée à Cefalù, ville côtière du nord de la Sicile

Troisième jour de ce séjour en Sicile. Nous avons décidé que celui-ci serait consacré à la découverte de Cefalù, une ville côtière qui compte près de 13000 habitants, nichée entre la Mer Méditerranée et La Rocca, un promontoire rocheux qui culmine à 270 mètres de hauteur.

De Palerme à Cefalù en train

Notre location de voiture ne prenant effet que le lendemain, nous avons décidé de faire les 60 kilomètres qui nous séparent de Cefalù en train. Pour cela, nous devons donc nous rendre à la Gare de Palerme … une mission qui s’avèrera un peu plus compliquée que prévu puisque notre GPS avait décidé, pour une raison qui reste obscure aujourd’hui encore, de nous emmener au terminal des ferry plutôt qu’à celui des trains … Nous avons donc découvert le quartier de Borgo Vecchio et marché beaucoup trop de kilomètres (le double en fait) pour nous rendre à la gare (Palermo Centrale sur la Piazza Giulio Cesare, pour votre GPS), mais nous avons fini par y arriver !

Notre billet acheté pour le prochain train en direction de Cefalù, nous nous plongeons dans notre guide pour préciser notre programme une fois sur place. La Rocca nous fait de l’œil, le Duomo di Cefalù aussi, les petites rues de la partie historique ville nous paraissent déjà séduisantes et la perspective d’une baignade dans ce décor enchanteur, elle, nous rend encore plus impatients d’y être !

Ravie de sortir de Palerme pour découvrir le reste de l’île et ses paysages, je m’étais fait toute une fête de ce voyage en train mais en réalité à part la mer au loin, quelques toits, de la végétation plantée au bord des voies et beaucoup de tunnels, nous n’avons pas vu grand-chose de fabuleux durant ce trajet …

Heureusement, le trajet était court (moins d’une heure) et dès notre arrivée nous apercevons La Rocca et, avec elle, la perspective de nouvelles découvertes et d’une belle balade renaissent. En quelques minutes, nous rejoignons le cœur de ville et son agitation le long du Corso Ruggero, une des rues principales de Cefalù, pavé et bordé de restaurants et de boutiques.

Vue sur La Rocca depuis la Piazza Garibaldi
La Chiesa Di Maria SS. dell’Alemanna

La Rocca et sa vue magnifique sur Cefalù

Comme on aime bien voir les villes d’en-haut, nous prenons le chemin de La Rocca pour prendre un peu de hauteur tant que le ciel est couvert et que le soleil ne chauffe pas trop. A l’entrée du parc permettant d’accéder au promontoire (sur la Salita Saraceni), nous croisons une équipe de secours et un jeune homme qui vient apparemment de se blesser à la cheville … Pas très rassurant, surtout que nous sommes en tongs, mais nous y allons quand même !

(NB : il était trop tard pour nous pour changer de chaussures mais s’il vous prend l’envie de grimper à La Rocca, je vous conseille de prendre des chaussures de marches)

Le sentier qui grimpe sur La Rocca est un peu raide, bordé de rochers, de pins et de cactus. Rapidement, la cime des pins laisse place à une magnifique vue sur la baie dans laquelle est nichée Cefalù. Falaise calcaire haute de de 270 mètres, la Rocca a joué un rôle stratégique dans la défense de la ville de Cefalù pendant des siècles. Et, aujourd’hui encore, les vestiges de ce passé défensif sont bien visibles sur le flanc de La Rocca : fortifications, vestiges de fours, de petites chapelles, … les constructions anciennes en pierre jalonnent cette promenade entre ciel et mer.

A Cefalù, toutes les rues mènent à La Rocca !

Arrivés sur une sorte de plateau, nous découvrons plusieurs constructions mégalithiques, des maisons, la Chiesa di Sant’Anna (à ne pas confondre avec un célèbre chanteur) et l’emblème de La Rocca, le Tempio di Diana, édifice construit entre la fin du 5e et le début du 4e siècle avant JC. Nous déambulons un moment entre les vieilles pierres de ce site mégalithique, tentant d’imaginer la vie qui s’y déroulait, impressionnés par la résistance de ces constructions à l’usure du temps (celui qui passe mais aussi celui qu’il fait). Malgré les centaines d’années qui se sont écoulées, le vent, la pluie, les guerres, une partie de ces murs millénaires tient bon et semble veiller sur Cefalù qui s’étend, là, au bas de cette falaise impressionnante.

Le Tempio di Diana

D’ici, nous ne voyons que les toits de la ville, tout en nuances d’orange, qui contrastent avec le bleu de la mer et les quelques touches de vert qu’apportent des arbres. Depuis La Rocca, véritable terrasse panoramique naturelle, la vue sur Cefalù et son duomo est vraiment impressionnante, impossible de regretter notre ascension malgré la chaleur qui a fait son retour et la faim qui commence à se faire ressentir.

Au-dessus de nous, une vielle forteresse domine la ville et l’ensemble de La Rocca depuis son sommet. Bien que tentés d’aller voir ce que donne la vue de tout là-haut, nous ne le faisons pas, le ciel est totalement découvert et la température est, comme le soleil presque au zénith à cette heure, brûlante. Il est temps pour nous de redescendre, avec précaution, pour tenter de trouver un peu d’ombre et de fraîcheur dans les rues de la ville.

Balade et baignade dans le centre historique de Cefalù

Les rues de Cefalù se sont vidées, les terrasses et les restaurants, eux, se sont remplis. A la recherche d’un endroit pour pique-niquer, nous en profitons pour déambuler un peu dans la vieille ville, nous découvrons la jolie Chiesa del Purgatorio, la Piazza del Duomo où nous décidons de revenir plus tard, des petites rues en escaliers.

Avec ce premier aperçu de la ville, nous comprenons immédiatement pourquoi elle fait partie de l’association I borghi più belli d’Italia (comprenez Les Plus Beaux Bourgs d’Italie, une association de mise en valeur des villes et villages ayant un intérêt historique et artistique).

Quand on se trouve dans une ville balnéaire, tous les chemins mènent à la mer et c’est donc finalement sur la plage, en contrebas des vieilles maisons du centre historique, tout près de la Piazza Marina, que nous décidons d’établir notre campement pour manger nos salades. Le ciel est de nouveau couvert, le vent souffle, la mer est agitée ; dans un va-et-vient incessant et régulier, elle claque violemment sur les rochers derrière lesquels nous avons trouvé un bout de sable inoccupé.

A plusieurs reprises, je me demande si nous n’allons pas nous retrouver sous l’eau avec nos salades mais aucune vague ne parviendra, à ce moment-là, jusqu’à nous (vous sentez le teaser discret, mais réel, dans cette phrase ?) !

La Chiesa del Purgatorio
La piazza del Duomo et le Duomo di Cefalù !

La vieille ville surplombée par La Rocca

Notre déjeuner avalé (mais sûrement pas encore digéré – à ne pas reproduire chez vous donc), nous tentons une première baignade dans cette mer un peu démontée et beaucoup plus fraîche que la veille à Mondello. Mais rapidement, saoulés par la houle, nous décidons de repartir en balade et d’attendre que, peut-être, la mer se calme, pour retourner se baigner.

Au hasard, nous empruntons la Via Ortolani di Bordonaro Carlo, bordée, comme le Corso Ruggero, de petites boutiques, de restaurants et de bar (assoiffés, nous avons d’ailleurs fait une pause à Carre’ Lounge où la vue sur la mer depuis la terrasse est magnifique). Au bout de la Piazza Francesco Crispi, la mer continue sa danse saccadée et vient s’écraser contre les rochers dans un grand fracas d’écume, surplombée par le clocher de la Chiesa dell’itria et le Bastione di Capo Marchiafava, point d’observation privilégié de la mer et de la côte.

La vue depuis le Carre’ Lounge
La Chiesa dell’itria

Le soleil est revenu et, avec lui, malgré une mer toujours agitée, l’envie de baignade aussi. Les parasols sont nombreux sur la langue de sable en contrebas du Lungomare Giuseppe Giardina, mais nous trouvons malgré tout une place pour nos serviettes. Je reste dans l’eau moins longtemps que Nico qui, habitué des baignades dans l’Atlantique et ses vagues, apprécie plus que moi le roulis de la mer (et le gère mieux aussi !).

Depuis la plage, j’observe cette mer agitée, les gens qui se jettent dans les vagues, qui jouent avec elles, qui se débattent aussi parfois contre elles. Sur le sable, certains jouent au foot, d’autres lisent ou dorment, alors que d’autres encore semblent refaire le monde, lancés dans de grandes conversations toutes en gestes et en éclats de voix. La mer continue son va-et-vient et, avec certaines vagues plus puissantes, gagne du terrain sur la plage.

Nico me rejoint sur le sable, les yeux rougis par tout le sel qu’ils ont vu. La mer ne se calme pas, les vagues emportent avec elles le sable sec qu’elles ont recouvert ; je la surveille, je la vois prendre plus de place, toujours plus gourmande de ce sable chauffé par le soleil … et me voilà finalement avec de l’eau presque jusqu’au nombril, les bras en l’air avec, à chaque bout, nos sacs à dos, remplis d’objets électroniques et de vêtements secs !

Nos serviettes de plage sont gorgées d’eau et de sable, Nico est impressionné par mes réflexes (et moi aussi !) et cette baignade, brève mais intense, marquera la fin de notre moment farniente sur la plage !

Voir le Duomo di Cefalù et rentrer à Palerme

(avec quelques étapes au milieu quand même)

Un dernier regard (sans trop de rancune) vers la mer et une tentative d’essorage de nos serviettes plus tard, nous prenons la direction de la Piazza del Duomo, pour enfin aller découvrir le Duomo di Cefalù, bâtiment emblématique de la ville.

Un peu d’histoire :

Le Duomo di Cefalù, ou Cathédrale de Cefalù, est une église catholique romaine construite au 12e siècle. A l’époque du début de sa construction (1131), la Sicile est dominée par les Normands qui l’ont conquise 40 ans plus tôt (en 1091). La Cathédrale possède donc des éléments d’architecture de style normand et d’autres, ajoutés plus tard, de style roman. Au final, l’édifice à des allures de forteresse et est un témoin important de la présence des normands en Sicile. Elle renferme de nombreuses œuvres d’art, inspirées par l’art byzantin, la plus connue étant son Christ Pantocrator qui tapisse la coupole sur un fond doré. Le Duomo di Cefalù est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2015.

Vu de l’extérieur, l’édifice est impressionnant avec ses deux tours massives et son large avec trois arches voutées ouvrant sut la Regum Porta (la Porte Royale). Les tours sont assez simples mais le reste de la façade, lui, est travaillé, notamment au-dessus du portique où la sculpture de la pierre ressemble à un ouvrage de dentelle (de quoi nous rappeler la magnifique Cathédrale de Palerme). Nous n’aurons qu’un bref aperçu de l’intérieur puisque, au moment de notre passage, une messe est en cours.

Nous prolongeons ce moment face au Duomo di Cefalù, surplombé par La Rocca, en buvant un aperitivo sur la belle piazza. Parsemée de palmiers et de terrasses joyeuses et animées, c’est l’endroit parfait pour faire une petite pause en contemplant ces deux monuments de la ville, l’un naturel, l’autre construit par l’homme.

Avant de reprendre le train, nous faisons étape au Capriccio Siciliano, sorte de caverne d’Ali Baba à mi-chemin entre l’épicerie fine, le bar à vin et le restaurant, pour dîner. Le trajet du retour vers Palerme, bien que plongé dans la nuit noire, est plein de belles images, celles des rues de Cefalù, de ses toits depuis La Rocca et de son duomo. Et aussi celle de sa mer, agitée, comme un parfait prologue aux journées suivantes à Taormina, Syracuse et Agrigente, mais ça on ne le savait pas encore …

Quelques informations pratiques à propos de Cefalù :

  • La Gare de Palerme se trouve donc sur la Piazza Giulio Cesare (Latitude : 38.109847 ; Longitude : 13.367123 – on est jamais trop prudent !).
  • Le trajet en train jusqu’à Cefalù dure en moyenne 51 minutes (59 kilomètres), il y a 17 trains par jours au départ de Palerme, le billet coûte 9€. Plus d’informations sur le site de Trainline.
  • L’entrée du parc de La Rocca coûte 4€ pour un adulte. L’ascension se fait au départ par des escaliers qui disparaissent ensuite pour laisser place à un chemin un peu chaotique. Les chaussures de marches sont recommandées.
  • Pour boire un verre : le Carre’Lounge sur la Via Ortolani di Bordonaro Carlo a une terrasse avec vue sur la mer très sympa ; sur la Piazza del Duomo permettent de profiter de la vue sur la Cathédrale et sur La Rocca.
  • Pour manger : le Capriccio Siciliano est une adresse très sympa où l’on peut aussi acheter des produits locaux, pratique.
  • Pour faire du shopping : les boutiques sont nombreuses le long du Corso Ruggero et le long de la Via Ortolani di Bordonaro Carlo

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4 Replies to “Une journée à Cefalù, ville côtière du nord de la Sicile”

  1. Waouh ! ça donne vraiment envie ! On envisage d’y aller l’année prochaine !

    1. Merci Mary ! La Sicile est une belle destination, je te souhaite de concrétiser ce beau projet ! Bonne journée 🙂

  2. super journée, ça donne vraiment envie

    1. Merci ! Je te souhaite d’y aller un jour toi aussi 🙂

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