Road trip d’hiver au Québec : le Bas-Saint-Laurent, du Parc National du Bic à Sainte-Luce

Une fois encore, on a quitté le joli coin de Québec où l’on se trouvait, la Baie des Chaleurs, avec une tempête de sentiments dans nos têtes. La tristesse de voir s’achever ce beau séjour en Gaspésie, d’une part, et l’impatience mêlée à l’excitation de visiter une petite portion du Bas-Saint-Laurent, d’autre part. SPOILER ALERT : le Bas-Saint-Laurent, lui aussi, nous réservait plein de belles découvertes !

Rimouski, notre point de chute dans le Bas-Saint-Laurent

Pour cette nouvelle étape de notre voyage hivernal, nous voulions nous arrêter à proximité du Parc du Bic pour pouvoir s'y balader. C’est à Rimouski, chef-lieu de la municipalité régionale de comté de Rimouski-Neigette (n’est-ce pas le nom de comté le plus chou au monde ?), que nous avons trouvé un petit appartement cosy et bien équipé, en rez-de-chaussée d’une maison, pour passer les deux nuits suivantes.

Les 260 kilomètres qui séparaient Carleton de Rimouski ont été ponctués de dizaines de granges colorées, de parois rocheuses prises dans la glace le long de la route, d’une rencontre avec deux chats géants, d’arbres enneigés, ... Et puis finalement, on a retrouvé la ville et sa succession de maisons à l'architecture nord-américaine devant lesquelles des beaux tas de neige subsistaient.

Initiation au ski de fond au Parc Beauséjour

A peine arrivés, on a eu la folle idée d’aller s’essayer au ski de fond. En vrai, ce n’était pas totalement une initiation puisque j’en avais fait quand j’avais … 4 ou 5 ans peut-être (!) et Nico en avait déjà fait aussi à l’école primaire. On était donc sur une expérience assez limitée et surtout bien lointaine du ski de fond ! Mais on s’était dit que pendant ce voyage on testerait plein de choses hivernales et le ski de fond en faisait partie.

Et puis en grands amateurs de biathlon que nous sommes, on était boostés par les heures passées à regarder les athlètes glisser avec aisance sur la neige. Ça ne pouvait pas être si compliqué que ça …

N'est pas Martin Fourcade qui veut ...

On a donc rejoint le Parc Beauséjour, au bord de la rivière Rimouski, pour une balade sportive. On a loué le matériel, on s’est équipés et puis on s’est élancés sur les pistes … enfin … Nico plus que moi ! Le ski de fond en vrai, c’est beaucoup plus usant et compliqué que ce que laisse imaginer une vidéo de Martin Fourcade sur des skis ! Mais, tant bien que mal, on a tout de même réussi à avancer sur la piste (en se faisant doubler par tout le monde !).

J’avais l’impression que mon corps entier allait être courbaturé tant j’étais crispée, mais qu'importe, on glissait sur la neige ! Et puis, après une descente où, ne sachant évidemment pas m'arrêter, j’ai failli percuter Nico on a préféré interrompre cette initiation avant qu’un de nous deux soit blessés. Mais malgré tout, et les courbatures qui sont effectivement venues ensuite, j'étais et je reste contente qu'on ait fait cette petite balade en ski de fond !

Pour en savoir plus sur la pratique sportive, été comme hiver, au Parc Beauséjour, c’est par ici : rimouski.ca/loisirs-culture/sports-et-plein-air/pistes-cyclable-et-sentiers

Balade autour de la rue Saint-Germain Ouest à Rimouski

Une fois notre équipement rendu, on a repris la voiture pour rejoindre le centre de Rimouski. Garés sur la Place des Anciens Combattants, on a pu admirer une partie du patrimoine historique de la ville.

La Cathédrale Saint-Germain et le Musée Régional de Rimouski

Située tout au bout de la rue Saint-Germain Ouest, la Cathédrale Saint-Germain se remarque de loin avec son clocher blanc. Construite au milieu du 19ème siècle, cet édifice aux beaux volumes (75 mètres de long et 69 mètres de hauteur au niveau du clocher) est l'œuvre de l'architecte québécois Victor Bourgeau. Aujourd'hui en mauvais état, elle est malheureusement fermée depuis 2014.

A quelques mètres, de l'autre côté de la salle de spectacles Desjardins-Telus avec ses lignes modernes, se trouve la plus ancienne église de pierre de l'est du Québec. Elle a été construite en 1823 avant de subir des modifications en fonction de son usage. Après la construction de la Cathédrale, elle n'a plus été utilisée comme lieu de culte et le Collège industriel de Rimouski s'y est installé. Un collège classique, puis une congrégation de sœurs, ont ensuite occupé le bâtiment avant qu’il devienne, le 24 juin 1972, l’écrin du Musée Régional de Rimouski.

 

Rimouski, entre commerces et quartiers résidentiels

Notre balade s’est poursuivie le long de la rue Saint-Germain Ouest, bordée de commerces. On s’est arrêtés dans certains d’entre eux, pour trouver d’autres cartes postales ou découvrir l’artisanat local. Et puis on s’est promenés dans les Halles de Rimouski, un lieu agréable où sont rassemblés plusieurs commerces de bouche, un café, etc.

On a continué notre balade en empruntant des rues plus résidentielles, observant au passage l’architecture plutôt colorée et pleine de balcons de ce bout de Québec. Alors que la lumière commençait à décliner, on a rejoint notre voiture et notre logement pour une soirée posée, à réfléchir à la journée du lendemain et à la suite du voyage.

Une journée dans le Bas-Saint-Laurent

Le lendemain matin, on a rejoint le Parc National du Bic sous un ciel gris et chargé. Le Parc est niché entre la route 132 et l’estuaire du Saint-Laurent, à 20 kilomètres au sud-ouest de Rimouski. Il est administré par la SEPAQ qui gère les nombreuses activités proposées sur ce territoire de 33,2 km². En hiver, des sentiers sont aménagés pour les randonnées pédestres ou en raquettes et le ski nordique.

Randonnée au Parc National du Bic, pépite naturelle du Bas-Saint-Laurent

Les jambes alourdies par le ski de fond la veille, nous avons opté pour une simple randonnée pédestre, sur le sentier « Le Portage ». Sous le ciel gris, le paysage prenait au loin des allures de gravures en noir et blanc. Plus près de nous, on observait le vert profond des résineux, quelques touches de couleur d’autres végétaux et puis tout un nuancier de marron sur les troncs des arbres.

Depuis le sentier, on pouvait aussi observer quelques reliefs autour de nous, dont le contour se détachait parfaitement sur le ciel gris. Ces reliefs sont le résultat de la riche histoire géologique du lieu. Ils s’expliquent notamment part des mouvements tectoniques, une glaciation, les impacts de la fonte de cette glace, ... A l'heure actuelle, ce sont l’action du climat et de l’estuaire du Saint-Laurent qui continuent de façonner le paysage.

Le Marais Salé

Lors de notre arrivée au niveau du Marais Salé, les eaux de l'estuaire justement avait déserté la baie. A la place de l’eau, on a découvert un sol parsemé d’algues, d’autres végétaux et de … blocs de neige en partie glacée ! Et puis, en arrière-plan, le relief du Mont Chocolat, celui du Cap-à-l'Orignal, le Pic Champlain … Un fabuleux tableau naturel dont il était difficile de détacher le regard.

Chaque portion du paysage avait quelque chose de merveilleux, même sous la grisaille. On a donc pris le temps de l’observer dans le détail, de le photographier, d’admirer les veines dans la glace, d’observer les habitants de l’eau salée dévoilés par la marée basse, de s’imaginer vivre dans le petit (vu depuis notre côté du rivage) bâtiment de la Ferme-Rioux (mais en version seuls au monde) …

La Pointe aux Epinettes

On a tellement pris notre temps que l’eau a peu à peu fait son retour dans la baie, nous donnant une toute autre vision du lieu. On a prolongé un peu ce moment près de l’eau en se rendant près de la Pointe aux Épinettes. Là, on a pu observer dans le détail tout l’impact du passé géologique agité du lieu sur des dizaines de mètres de roches fragmentées, acérées, accidentées.

Le belvédère de la Pointe aux Epinettes

On a finalement quitté ces cailloux, témoins de plusieurs millions d’années de l’histoire de la Terre, pour rejoindre le belvédère de la Pointe aux Epinettes. Cent soixante-six marches partiellement enneigées plus tard, on observait, émerveillés, le panorama qui s’étendait devant nous. Même si on l’avait déjà beaucoup regardé d’en bas, la vue depuis ce promontoire valait bien de gravir les 166 marches !

Une fois redescendus de notre perchoir, on a repris le sentier pour aller voir un autre bout du Parc. Et puis finalement, rattrapés par la faim, on a entrepris d’aller d’abord manger au Bic, petite ville à quelques kilomètres au nord, avant de revenir se balader. On y a découvert une très jolie petite ville (où je rêve de retourner pour prendre le temps de flâner) mais pas de quoi manger car tout était fermé.

On est donc finalement retournés à Rimouski et alors qu'on mangeait on a chamboulé nos plans de l’après-midi. Plus de Parc du Bic pour nous, à la place une balade au nord de la ville, notamment du côté de Pointe-au-Père.

Balade glacée à Pointe-au-Père, site historique du Bas-Saint-Laurent

Ancienne municipalité, Pointe-au-Père est un district de Rimouski depuis 2002. Ce lieu est principalement connu pour son poste de pilotage maritime qui fut témoin en 1914, du naufrage de l'Empress of Ireland.  Mais l’histoire maritime de Pointe-au-Père est bien plus ancienne puisque, dès le début du 19e siècle, le territoire abritait de nombreux pilotes navigant sur le Saint-Laurent.

Le site historique maritime de la Pointe-au-Père

C’est justement la curiosité de voir ce site maritime qui nous a poussé à rejoindre Pointe-au-Père. A notre arrivée sur place, un vent glacial balayait le rivage, le ciel était entièrement gris, lourd. Là, sous les gros nuages, quelques points colorés se détachaient : les bouées de balisage, le sous-marin Onondaga (oui bon, ok, le noir c'est pas vraiment une couleur), le Musée Empress of Ireland –SHMP et le Phare de Pointe-au-Père, avec son sommet rouge.

Le sous-marin Onondaga

Attirés par l’impressionnante silhouette de l’Onondaga, on a commencé notre exploration extérieure (car tout était fermé) du site près du sous-marin. Construit en 1964-1965 au Royaume-Uni, le NCSM Onondaga est un ancien sous-marin de la Marine royale aujourd'hui transformé en navire-musée. Long de 90 mètres, son nom signifie "peuple de la montagne" et fait référence à un peuple amérindien.

Des glaçons géants dans le Saint-Laurent !

Après l’avoir observé un long moment sous tous les angles, on a entrepris d’aller jusqu’au phare. Mais en avançant vers lui, nos yeux se sont finalement tournés vers l’eau où un spectacle assez impressionnant se déroulait. D’immenses glaçons, plus ou moins arrondis, dansaient à la surface de l'eau, s’entrechoquaient sous l'effet du vent, dans un énorme bruit de fracas. C’était la première fois que je voyais ça et j’étais totalement fascinée.

Durant notre premier voyage au Québec et dans les jours précédents de celui-ci, j’avais vu des étendues d’eau entièrement prises dans les glaces, des cascades pétrifiées par le froid, … et voilà que le Québec nous offrait une autre vision de ses eaux hivernales. Du mouvement, du bruit, de la puissance et, en même temps, l'impression d'une certaine fragilité pour cette glace polie par l'eau et les chocs. Un des souvenirs les plus fous de ce séjour.

En vidéo ça donne ça

Le Phare de Pointe au Père

Un sourire accroché aux lèvres, on a fini par abandonner les glaçons géants pour aller voir le Phare. Construit en 1909, le Phare de Pointe-au-Père a un côté résolument moderne et un charme fou avec sa petite "cabane" qui permet d'y rentrer, à la porte et au toit rouges. Il a été construit selon les plans d'Henri de Miffonis, un ingénieur français, et pouvait être vu par les navires à 40 kilomètres de là.

Classé lieu historique national en 1974, il a été désaffecté en 1975 après plusieurs années de déclin. Il est possible de le visiter. Mais pas en hiver ! Alors on s’est contentés de le regarder de l’extérieur lui aussi. Oui, voyager en hiver au Québec c’est parfois frustrant heureusement les sites comme celui de Pointe-au-Père sont aussi agréables à regarder qu’ils sont riches historiquement !

Alors on a continué notre balade parmi les bâtiments du site, profitant des panneaux pour en savoir plus sur le passé du lieu. Seuls au monde dans ce décor historique hivernal, on a savouré pleinement la chance qu’on avait d’être là, en jetant de temps à autre un regard vers les eaux du Saint-Laurent et leurs impressionnants blocs de glace.

Promenade à Sainte-Luce, jolie bourgarde du Bas-Saint-Laurent

Notre journée de balade dans le Bas Saint-Laurent s’est terminée quelques kilomètres plus au nord dans le joli village de Sainte-Luce-Luceville. Réputée en été pour sa longue plage de sable qui borde l'Anse aux Coques, elle est d’ailleurs surnommée Sainte-Luce-sur-Mer. Mais point de baignade pour nous, évidemment (!), juste une petite balade dans les rues de cette petite ville.

Décrite comme une « charmante station balnéaire » par notre guide de voyage, Sainte-Luce nous a laissé un agréable souvenir. Au-delà de sa belle église en pierres, construite de 1838 à 1840, cette petite ville au bord de l’estuaire compte quelques maisons vraiment ravissantes. Façades colorées, détails d’architectures travaillés ou surprenants, Sainte-Luce est pleine de jolies surprises !

La nuit approchant, on a repris la voiture pour retrouver Rimouski et notre petit appartement cosy, de belles images plein la tête. Le lendemain, on partait pour la dernière étape de notre road trop d'hiver avant le retour à Montréal, puis celui en France. Mais heureusement avant ça, il nous restait encore quelques jours au Québec, plein de choses à voir et à vivre !

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One Reply to “Road trip d’hiver au Québec : le Bas-Saint-Laurent, du Parc National du Bic à Sainte-Luce”

  1. Les blocs de glace qui s’entrechoquent, c’est impressionnant, je comprends que cela te reste en mémoire ! J’adore les architectures des maisons à Sainte-Luce, elles sont toutes différentes à leur manière, mais elles sont toutes jolies ! Les grands espaces sont toujours aussi beaux, sauvages. 🙂

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