Du Rostu à Kercabellec, balade au bord de l’eau dans les Marais du Mès #EnFranceAussi

Cette balade dans les marais du Rostu, perle des marais salants du Mès, participe au rendez-vous #EnFranceAussi, créé par Sylvie du blog Le Coin des Voyageurs. Ce mois-ci, c'est justement Sylvie, accompagnée de Mitchka, qui a choisi la thématique "Balade au bord de l'eau". Rendez-vous à la fin de l'article pour consulter tous les articles du mois.

Il y a des sentiers, des balades, qui peu à peu deviennent de doux rituels. Des paysages familiers que l’on se plait à redécouvrir à l’infini. Par beau temps, dans le brouillard, à la tombée du jour, même sous la pluie, on aime les parcourir et les parcourir encore. Parce qu’ils sont beaux, parce qu’on s’y sent bien, parce qu’à chaque fois on y découvre quelque chose de nouveau.

Les chemins des marais salants du Rostu font définitivement partie de ces lieux de promenade dont je ne parviens pas à me laisser, de ces sentiers que j’aime un peu plus chaque fois que je les emprunte. Chaque saison, chaque heure de la journée, offre une couleur différente à ces paysages et aux étendues d’eau qui reflètent le ciel et ses lumières.

Dans ces marais, du Rostu à Kercabellec, en passant par les pêcheries et la plage, tout est réuni pour une belle balade au bord de l’eau. Tout y est : la beauté d’un paysage singulier, le calme, une faune variée qui profite de cet espace préservé, un sentiment de sérénité qui vous enveloppe à la vue des bassins remplis d’eau salée, une végétation foisonnante, quelques constructions qui subliment ce décor et même la mer.

Balade dans les marais salants du Rostu

Dès lors qu’on quitte la route goudronnée de l’Allée de la Salorge pour rejoindre le chemin de terre qui serpente vers la salorge de Rostu, on pénètre dans un autre univers. Un univers merveilleusement calme, un cocon de nature, où seul les cris des oiseaux résonnent. Leurs pattes, plus ou moins longues, dans l’eau, ils s’ébattent et s’ébrouent, pêchent ou paressent, seul ou en bande.

Entre les branches des arbres, derrières les hautes herbes, on peut observer ces jolies bêtes à plumes sans les déranger. Parfois, le marais leur donne des allures étranges, des silhouettes allongées, doublées, par les reflets dans l’eau. Et même lorsqu’elles s’envolent, on peut, un temps, continuer à les observer déployer leurs ailes dans l’onde, troublée par leur départ.

Au loin, déjà, la salorge se détache nettement du panorama verdoyant qui l’entoure. Son toit orange et ses lignes droites, dans ce paysage aux contours flous, lui donne des allures de phare. C’est un repère, dans cette mer de verts et d’eau, le seul élément immuable dans cette nature changeante. Et, quand on s’en approche, sa toiture teinte d’un reflet cuivré le tableau inversé qui se cache dans l’eau.

Mais, avant d’arriver à elle, le sentier donne à voir toute l’étendue de la sérénité qui se dégage d’un paysage de marais salants. Vastes, impassibles, quadrillés ou non, les bassins qui composent le marais offrent un miroir au calme ambiant et aux lueurs du ciel. Le spectacle immobile qui se joue là est beau, apaisant, il donne des envies d’aquarelles, de dessin au fusain, de photographies, …

Dans ses bassins dessinés par l’Homme, la nature accomplit doucement son œuvre. Le vent et le soleil font apparaître à la surface des pépites d’or blanc, scintillantes et salées. Ce sol salin est parfois hérissé de centaines, voire de milliers, de petits épis verts ou rouges selon la saison, qui bientôt régaleront les papilles des gourmands. En attendant, la salicorne profite du sel et de la lumière, les pieds dans l’eau.

 

Dégradé de salicornes

Sur le sentier des pêcheries de Rostu

Peu après la salorge, le sentier se divise, la balade s’ouvre à de nouvelles possibilités. Tout droit, c’est la mer. A droite, des marais salants encore et puis, au bout, une coque de bateau échouée, rongée, rognée, et des pêcheries. Ces petites cabanes de bois plantées sur l’Etier de Boulay, filets au vent, pilotis dans l’eau, sont en sommeil jusqu'au retour du pêcheur et des poissons.

Au loin, la salorge pointe le bout de son toit au-dessus de la végétation luxuriante qui habille le marais. Arbres fruitiers, fleurs, arbustes, herbes folles, algues … tout ce beau monde végétal vit au bord ou dans l’eau et participe à la douceur de ce paysage. Parfois, les herbes hautes et fleuries accueillent des voyageurs ailés, légers, qui virevoltent et papillonnent de couleur en couleur.

La salorge, au loin

De l'île de Rostu à la mer

Entre la salorge et la mer, en rupture avec le reste du paysage, l’île de Rostu. Petit bout de terre sans bassin, ce presque demi-cercle tout en verdure est très largement occupé par les arbres. Le chemin qui traverse cet îlot de nature brute a des airs de passage tracé dans une forêt enchanté … A sa vue, on imagine toute sorte d’histoires et de légendes fantastiques et mystérieuses.

Quand finalement on arrive au bout de la Rue de Rostu, la mer est là … parfois ! A marée basse, la plage s’étire alors que la mer se retire, quelquefois si loin que l’on ne la voit même plus … Le traict du Rostu est alors une grande étendue vaseuse, couverte d’algues, un panorama fait d’ocre et de nuances de vert. A marée haute, l’eau vient s’enrouler sur la plage et faire rouler le sable et les cailloux dorés.

Balade dans le marais depuis Le Rostu jusqu'à Kercabellec

Dans ces marais, on peut également faire le choix d’une toute autre promenade ou de prolonger la première, en prenant le Chemin du Pont de Bois vers Kercabellec, autre paradis du bord de l’eau. On s’ouvre alors à de nouveaux paysages et à un sentier différent, plus ombragé, avec une vue parfois obstruée. Là, le marais se dévoile seulement par intermittence, entre les branches, à la dérobée.

Buissons et arbres feuillus encadrent le décor, la salorge, les bassins, les oiseaux. Tout ce que l’on observe est magnifié, enchâssé dans ce cadre naturel à la manière d’un bijou, d’une pierre précieuse cerclée de vert. Et lorsque la nature est trop dense pour observer ce qui se passe au-delà du sentier, elle offre des joyaux colorés à contempler dans ses branches.

A mesure que l’on progresse sur le sentier, la vue se dégage et l’eau se fait, petit à petit omniprésente. Elle scintille, serpente dans les canaux qu’on lui a dessinés, reflète, frémit sous la caresse du vent, disparaît sous les algues, ondule autour des oiseaux haut-perchés. Elle vit, en somme. Elle vit et vibre sous l’action des autres habitants du marais, de la nature.

A quelques pas de Kervarin, une construction de bois permet de s’élever au-dessus du marais pour mieux le contempler. De là-haut, les yeux voient plus loin. Les bassins se multiplient et la mer, lorsqu’elle est revenue dans le traict, ajoute une touche azurée au panorama. Et au milieu de cet univers de bleus et de verts, les sentiers blanchis serpentent, entrecoupent, quadrillent …

Au-delà de Kervarin, une autre partie du Marais du Mès

Quand le chemin rejoint inévitablement la route, l’eau laisse place à une succession de maisons fleuries et flamboyantes. Le marais et l’onde peuvent sembler déjà loin, mais Kercabellec ressemble finalement à une petite île, entourée par la mer et les bassins salés. Encore quelques mètres parmi les bâtisses, décorées de milles et une couleurs, et la balade au bord de l’eau reprendra son cours.

Le long de la Route de Bel Air, les marais refont leur apparition, le vert et le bleu remplissent de nouveau largement l’espace et les reflets doublent ce paysage tellement apaisant. En toile de fond, le clocher de l’église de Mesquer pointe le bout de son toit, au-dessus de la cime des arbres. Comme un tableau. Et une nouvelle envie de peindre, de photographier, titille l’esprit et les doigts.

Les Marais du Rostu et du Mès en pratique

Les marais salants du Rostu font partie d'un ensemble plus important, appelé Marais du Mès. Ils occupent une surface d'environ 600 hectares et sont situés sur les communes d'Assérac, Mesquer et Saint-Molf. Ils se trouvent à une une vingtaine de kilomètre au nord des marais salants de Guérande et font partie du "Bassin salicole de la presqu'île guérandaise".

Depuis 1995, les marais du Mès sont inscrits à la liste des zones humides d'importance internationale de la Convention de Ramsar, conjointement avec les marais de Guérande. Ils font également partie de la liste des sites naturels Natura 2000.

Les Marais du Mès, et donc les marais du Rostu, sont une zone préservée dans laquelle il est important de respecter certaines règles, pour le bien-être de la faune et de la flore mais aussi celui des promeneurs.

Pour continuer la balade au bord de l’eau, au delà des marais

Si après tout cela vous n’avez pas encore vu assez d’eau, empruntez la Route de la Bôle de Merquel. De là, profitez de la jolie vue sur les salines et le petit port de Kercabellec ou rejoignez le Chemin des Douaniers. Celui-ci vous montrera bien des merveilles, depuis la plage qui borde le traict jusqu’à celle de Sorlock, en passant bien évidemment par l’incontournable Pointe de Merquel.

Au-delà, le Chemin des Douaniers se poursuit, et de plages en sentiers sur les rochers escarpés, il vous offrira toujours une belle vue sur la mer. Il s'agit d'ailleurs d'une portion du GR®34, qui parcourt les côtes bretonnes sur 2000 kilomètres.

Pour lire un autre article que j'ai écrit sur ce beau marais, rendez-vous sur le site de l'Office de Tourisme de Loire-Atlantique.

Pour en savoir plus sur le fonctionnement, l'histoire des marais salants de la Presqu'île de Guérande et voir d'autres photos du marais de Rostu, vous pouvez lire l'article : La Presqu’île de Guérande, terre de l’or blanc

Envie d'autres balades en Loire Atlantique ? Consultez la rubrique dédiée !

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24 Replies to “Du Rostu à Kercabellec, balade au bord de l’eau dans les Marais du Mès #EnFranceAussi”

  1. Je ne connaissais pas. Mais maintenant, j’ai terriblement envie d’y aller!

    1. J’ai connu la presqu’île de Guérande et ses marais salants il y a un peu plus de 7 ans, maintenant ça fait partie de mes paysages préférés … C’est tellement beau et apaisant ! Je te recommande vraiment d’y aller !

  2. très photogénique cette balade ! j’aime beaucoup !

    1. C’est parce que la balade est belle, tout simplement 🙂

  3. Très bel endroit ! Tu as bien réussi à « capturer » les oiseaux ! Merci pour la découverte, je ne connaissais pas ! 🙂

  4. Tout a l’air si calme sous ce ciel immense ! Les oiseaux doivent se régaler.

    1. C’est un lieu vraiment paisible oui 🙂 Les oiseaux et les promeneurs se régalent 😉

  5. Chacha Aventuriere dit : Répondre

    Merci pour cette balade au bord de l’eau, du bleu, du vert, du jaune j’y ai plongé avec beaucoup de bonheur

    1. Merci à toi Chacha pour tes doux mots <3

  6. Une belle découverte et tes photos donnent vraiment envie ! C’est beau les marais, avec leur flore si particulière et l’impression qu’il y a une vie cachée, tapie sous la surface. Merci pour la balade !

    1. Merci beaucoup Paule-Elise ! Les marais sont vraiment des lieux à part, tellement hâte de pouvoir y retourner !

  7. De jolis photos de nature qui font voyager! ça fait du bien en ce moment!

  8. Comme c’est sauvage! Sans les maisons à la fin, on ne saurait pas dire dans quelle région c’est!

  9. merci pour la charmante balade
    je ne connais pas encore ce coin de Loire Atlantique

  10. Magnifiques ces marais, le point de départ idéal pour faire de belles balades et randonnées, tout en admirant la faune et la flore !

  11. Du bleu, une nature magnifique, des fleurs … tes photos dégagent tellement de zénitude ! Ça donne envie de s’y balader pour faire le plein de bon air iodé, de couleurs et de sérénité : exactement ce dont on a besoin en ce moment.

    1. Merci beaucoup Sylvie ! Et oui je suis bien d’accord avec toi, ces paysages, cet endroit c’est tout ce dont on a besoin en ce moment (ça et les montagnes du Cantal !) !

  12. Je ne connaissais pas du tout ! C’est un très bel endroit ! Merci pour la balade !

  13. C’est vraiment de toute beauté. Je comprends ton attachement . Merci Pauline.

  14. Un article plein de poésie et de rencontres ornithologiques. Merci pour la balade iodée.

  15. c’est vraiment mignon. On a l’impression de se balader dans un monde où le temps est suspendu, je comprends que tu aimes tellement ce lieu <3

    1. C’est un peu l’impression que j’ai à chaque fois que je me balade là-bas oui et c’est tellement apaisant comme lieu <3

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