Road trip d’hiver au Québec : la Haute-Gaspésie, du Saint-Laurent aux Chics-Chocs

Les températures baissent à Toulouse et mes envies d’hiver et de neige me reprennent … Faute de pouvoir voir cette magie blanche de suite, j’ai décidé de replonger dans mes souvenirs de voyage et de poursuivre mon récit de notre road trip d’hiver au Québec. [A lire avec une voix de voix off] A la fin de l’épisode précédent, nous quittions la rive gauche du Saint-Laurent pour rejoindre la Gaspésie, la Haute-Gaspésie, même pour être exacte …

De l'autre côté du Saint-Laurent, la Haute-Gaspésie

Pour cette étape en Haute-Gaspésie (disons la partie nord-ouest de la Gaspésie), on avait trouvé un logement à Cap-Chat. Comme pour le reste du voyage, on avait recherché la location au dernier moment, dans un périmètre assez large à l’ouest du Parc National de la Gaspésie. Et c’est donc à Cap-Chat, dans un appartement cosy d’une maison à quelques mètres du Saint-Laurent que l’on a posé nos valises.

A notre arrivée sur place, la nuit était déjà bien noire et l’envie de reprendre la voiture, après une journée sur la route entre Saint-Irénée à Godbout, plus vraiment là. On s’est donc offert une petite soirée tranquille, préparant le repas et étudiant les possibilités de balades pour notre journée du lendemain, à peu près aussi lentement que les blocs de glaces dérivaient sur le Saint-Laurent.

Une journée de randonnée au cœur de la nature au pied des Chics-Chocs

Le lendemain, après avoir lutté pendant plusieurs minutes contre le GPS qui s’obstinait à vouloir nous faire emprunter un chemin pour motoneige, on est finalement arrivés au Village Grande Nature Chics-Chocs. Situé à quelques kilomètres seulement de Cap-Chat, ce site, qui propose hébergement, restauration et loisirs de plein air, permet de faire tout un tas d'activités en profitant d’une vue magnifique sur les Monts Chics-Chocs.

Un petit point sur les Monts Chics-Chocs :

Leur nom vient du micmac (une langue amérindienne) et signifie "barrière impénétrable". Et on comprend aisément pourquoi ce nom-là leur a été donné ! Imposants et majestueux, ces monts s'étendent sur 95 kilomètres de long. Plus de 25 sommets (parmi lesquels un « Mont Blanc ») qui composent ce massif montagneux se dressent au-delà de 1000 mètres d'altitude.

Le Village Grande Nature Chics Chocs

Le site du Village Grande Nature Chics Chocs occupe le territoire de l'ancien village de Saint-Octave-de-l'Avenir, qui comptait plus de 1000 habitants à son apogée. Fermé en 1971, le village a occupé différentes fonctions (camp d’entraînement pour les cadets de l’aviation, de l’armée et de la marine, mais aussi lieu d'accueil de grands festivals de musique folklorique). Seuls vestiges de ce passé : l'église et le presbytère, qui accueille aujourd'hui l'auberge.

Fatbike, ski nordique ou de fond, randonnée pédestre, raquettes, motoneige, les activités proposées au Village Grande Nature sont nombreuses. Sur les conseils du monsieur à l’accueil, on a opté pour la randonnée pédestre sans raquette, la neige étant suffisamment « tapée » selon lui … J’avoue que vu le nombre de fois où l’on s’est enfoncés dedans, je pense maintenant qu’il nous a fait une blague 😀

Au cours de notre discussion, il nous a également dit que l’on pouvait voir des orignaux, qu’il fallait guetter les traces et être attentifs aux bruits autour de nous. Mais, et je vous le dis pour que le suspense ne vous ronge pas et surtout parce que j’en ai déjà parlé dans cet article , vous savez déjà qu’on a pas vu le bois d’un orignal durant tout ce séjour ... Et ce n’est pas faute d’avoir cherché !

Randonnée dans les bois de Haute-Gaspésie

C’est donc sans raquette, et déterminés à voir un orignal, que l’on est partis pour notre randonnée. Depuis l’auberge, on était sensés prendre une piste sur la droite … Ne la trouvant pas, on est retournés à l’auberge plutôt que de continuer à marcher jusqu’aux Chics-Chocs, qui, bien qu’envoutants, là-bas, tout au bout du sentier, étaient beaucoup trop éloignés pour qu’on les rejoignent à pieds !

Après ce faux-départ et de nouvelles explications, on a finalement trouvé le début du chemin qui serpentait à travers la forêt. Et notre balade dans la neige, plus ou moins bien tapée, a pu commencer. Autour de nous s'alignaient des grands sapins aux branches basses nues à perte de vue. On se sentait petits au milieu de ces grandes silhouettes, de toute cette neige et de cette immense silence seulement rompu par le bruit de nos pas sur le sol blanc.

Quelques empreintes animales dessinaient, ça et là, des sillons dans la neige. Coupant la piste et s’enfonçant dans la forêt, elles donnaient envie de les suivre pour voir quel monde merveilleux se cachait loin du sentier balisé. Et, évidemment, pour découvrir si un orignal ne se trouvait pas au bout ! Mais on a continué sur le chemin, laissant aux animaux la paix de leur royaume caché, en espérant voir, à la dérobée, l'auteur d'une de ces traces.

Comme en Mauricie, on a croisé des arbres aux troncs percés par les piverts et d’autres ornés de mousses à la manière des cyprès de Louisiane. On a aussi vu des pancartes « Chasseurs à l’affût » mais, heureusement, croisé la route d’aucun d’eux. Et puis on a admiré des flocons de neige parfaits, ceux qu’on voit dans les dessins animés, les manuels scolaires et les émoticônes de nos téléphones !

Trous dans la neige et poutine avec vue

Et on s’est enfoncés donc dans la neige, beaucoup. Notamment sur la fin de la randonnée, à quelques mètres de l’auberge où la neige se dérobait sous chacun de nos pas ou presque. Heureusement, depuis certains de ces trous dans la neige, j’avais une magnifique vue sur les Monts Chics-Chocs ! (Au cas où vous vous poseriez la question : oui, même en écrivant ça la neige me manque !)

L’avantage du Village Grande Nature, c’est qu’une fois la randonnée terminée, vous n’avez pas besoin de reprendre la voiture pour aller reprendre des forces ! Un petit bistro propose entrées, poutines, burgers, paninis et plats pour régaler toutes les papilles. Le bonus : la vue sur les Chics-Chocs qui, elle, régale rétines et pupilles (Pauline et Nico ont les yeux qui brillent …) !

Mon mollet droit est totalement enfoncé dans la neige ...
... mais j'ai cette vue depuis mon trou !
Le plat
La vue

Randonnée à la recherche des orignaux ...

Bien déterminés à enfin croiser cet animal emblématique du Québec, on a décidé de poursuivre notre journée au Village Grande Nature. Repus et réchauffés, on s’est élancés sur une autre piste balisée (du premier coup !), au nord-est de l’auberge cette fois. Comme le matin, on avait le sentiment d’être les seuls à profiter de ce large sentier enneigé et de la nature environnante.

Les seuls humains, je précise. Puisqu'au vu des traces dans la neige là-aussi, les animaux, eux s’en donnaient à cœur joie dans cet espace naturel préservé. On a observé les traces, guetter les bruits, mais hormis ceux d’un oiseau accroché à une branche d’un sapin, les seuls bruits que l'on entendait était ceux de nos pas et de nos respirations lorsque l’on s’arrêtait pour écouter (et parfois, au loin, celui des motoneiges sur d'autres sentiers).

De ce côté aussi, la neige n’était pas tapée de manière uniforme et nos genoux se sont retrouvés plusieurs fois dans la neige ! Entre nos éclats de voix quand la piste s’enfonçait par surprise sous nos pieds et nos éclats de rires quand on cherchait à se sortir des trous dans la neige, pas étonnant que les orignaux ne se soit pas montrés … Ou alors c’était encore une blague du monsieur à l’accueil …

Mais peu importe, malgré les ruptures dans le sol neigeux, le ciel tout gris et l’absence d’orignaux, cette deuxième randonnée au Village Grande Nature a elle aussi été très agréable. Et cette parenthèse nature au grand air, après une journée passée principalement enfermés dans la voiture et le traversier, faisait le plus grand bien !

Fin de journée à Saint-Anne-des-Monts, chef-lieu de la Haute-Gaspésie

Comme la lumière du jour déclinait et qu’à cette période de l’année la nuit arrive vite, on a dû stopper notre recherche des orignaux une fois revenus à l’auberge. On a repris notre voiture et, avant de retourner à notre location, on a décidé de faire un crochet par Saint-Anne-des-Monts, chef-lieu de la Haute-Gaspésie, posé sur les rives du Saint-Laurent.

La nuit gagnant très rapidement du terrain sur la luminosité, on a décidé de se poser quelque part plutôt que d’arpenter la ville, dont on ne verrait pas grand-chose. On s’est finalement arrêtés au Malbord, une microbrasserie située à l’est de la Rivière Sainte-Anne, face au Saint-Laurent. Ambiance chaleureuse, jeux de sociétés, large choix de bières et de gin locaux, un bel endroit pour terminer la journée.

Un dernier regard sur la Haute-Gaspésie avant de rejoindre la Baie-des-Chaleurs

Après cette agréable journée nature en Haute-Gaspésie, une journée bien différente nous attendait. Notre objectif était de rejoindre notre prochaine étape, la Baie-des-Chaleurs où l’on avait loué une chambre de motel pour les deux nuits suivantes, en faisant un arrêt en chemin dans le Parc National de la Gaspésie. A priori donc, un peu de voiture, un arrêt avec balade nature et de la route après.

Les rives du Saint-Laurent

Mais en réalité, avant même de quitter la Haute-Gaspésie, notre "programme" a été chamboulé. Et après tout, les vacances sont faites pour improviser aussi, non ? Notre journée a donc commencé par une petite séance photo à Cap-Chat, autour de notre location, puis à Saint-Anne-des-Monts qui se trouvait sur notre route.

Même si le ciel était gris et bas, la vue sur le Saint-Laurent bleu-gris était belle ; les couleurs des maisons parsemées dans le paysage majoritairement blanc chatouillaient notre regard et l’imposante église de Saint-Anne-des-Monts imposait que l’on fasse un arrêt pour l’observer ! Bâtie au début du 20e siècle, cet édifice de style néoroman sait se faire remarquer dans le paysage !

Église Saint-Norbert de Cap-Chat au loin

Le Parc National de la Gaspésie

En poursuivant notre route, on est rapidement arrivés au Parc National de la Gaspésie où, tout aussi vite, la météo s’est dégradée, la température a chuté et les premiers flocons sont tombés. Sur cette route qui serpentait entre les reliefs et les arbres saupoudrés de neige, on a abandonné nos envies de balades dans le Parc en se disant qu’on y reviendrait une prochaine fois, lors d’un prochain séjour.

Les photos suivantes ont été prises depuis la voiture, derrière le pare-brise

De l’autre côté du Parc National de la Gaspésie, qu’on était tout de même tristes de simplement traverser, on espérait trouver la Baie-des-Chaleurs sous un temps un peu plus clément et propice à la balade. Et on était loin d’imaginer toutes les merveilles que cette région allait elle aussi nous offrir, même sous la neige ! [A lire avec une voix de voix off] La suite … au prochain épisode !

Epinglez-moi !

2 Replies to “Road trip d’hiver au Québec : la Haute-Gaspésie, du Saint-Laurent aux Chics-Chocs”

  1. J’ai eu un énorme coup de coeur pour les Chics-Chocs et je les retrouve avec plaisir en hiver par ici (note-le bien, je ne dirai peut-être pas la même chose dans 4 mois)! 😉 Après avoir bien lu que tu y retournerais (faut quand même que vous vous repreniez pour les orignaux), je croise les doigts pour que ce soit en été! Et puis, Le Malbord était malheureusement fermé lors de ma visite (la faute à la Covid) alors je vais devoir y retourner moi aussi.

  2. C’est tellement beau, ça me réchauffe pas, mais j’avoue que plonger les pieds dans de la poudreuse est une super sensation, bien qu’on se demande effectivement si votre loueur ne vous pas mené en bateau ! 😀

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