Balade dans le centre historique de Vannes

Après plusieurs brefs passages qui ne m’avaient laissé qu’entrevoir le charme de la ville, j’ai enfin eu l’occasion de me perdre dans les rues de Vannes et de régaler mes yeux de ses nombreuses beautés (#Joie) !

27 décembre, après une épopée tempétueuse à travers la France pour relier le Cantal à la Loire-Atlantique la veille, nous reprenons la route pour faire les 60 kilomètres qui nous séparent de Vannes sous un ciel chargé qui se dégage à mesure que nous approchons de notre but.

Le Port de Plaisance de Vannes

Une fois arrivés près du centre ville de Vannes, difficile de ne pas s’arrêter, cette fois encore, quelques minutes pour regarder le petit port de plaisance qui s’étend, là, en plein cœur de la ville, sur les eaux mêlées de La Marle et du Golfe du Morbihan.

Sur ce petit bras d’eau, encadré par deux belles promenades, les bateaux flottent paisiblement, face aux habitations, en attendant leur prochaine excursion maritime alors que les cormorans, les goélands et les mouettes prennent le soleil dans cette jolie carte postale.

Tout au bout du port se trouvent l’emblématique Corbeau des mers, voilier de pêche en bois construit en 1931 pour un patron-pêcheur de l’Île de Sein, et le Mab er Guip, réplique du sinagot (petit bateau à voile typique du petit port de Séné, ville voisine de Vannes) le Vainqueur des Jaloux construit, lui, en 1985.

Il trônent sur le port, enguirlandés, à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le spectacle de ces deux navires, déjà superbes en plein jour, doit être féérique une fois la nuit venue et leurs guirlandes allumées …

Le Corbeau des mers, classé au titre des monuments historiques depuis le 10 mars 1991

La Porte Saint-Vincent et la partie sud de Vannes

Mais pour l’heure, il fait jour et le soleil est au rendez-vous, parfait pour profiter du cœur de ville, ce centre ancien médiéval dont il reste encore aujourd’hui de jolis vestiges, à commencer par l’emblématique Porte Saint-Vincent.

Un peu d’histoire :

Construite entre la fin du 16e siècle et le début du 17e, cette porte est aujourd’hui une des entrées principales de la ville. Devant elle, se trouve une petite place, la Place Gambetta, qui a remplacé le Pont Saint-Vincent qui permettait, jusqu’au 19e siècle, l’accès à la ville. De style baroque, cette porte intégrée aux remparts et initialement baptisée porte de Kaër-Calmont a finalement pris le nom du prédicateur Saint Vincent Ferrier, mort à Vannes au 15e siècle. Une statue de ce dernier se trouve d’ailleurs dans la niche centrale de la porte. La porte Saint-Vincent est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 11 octobre 1928.

Derrière cette porte, une rue du même nom s’étire jusqu’à la Place des Lices, le cœur de la ville de Vannes. Ce mercredi matin, cette rue Saint-Vincent fourmille de locaux qui se rendent au marché et de promeneurs, comme nous, qui admirent les belles façades, en pierres ou à colombages, sublimées par le soleil.

Nous suivons la Rue Saint-Vincent, bordée de boutiques ; puis la Rue Noé, encadrée par de jolies maisons ; la Place du Poids Public ensuite, où poissonniers, boulangeries et bouchers se partagent les trottoirs et nous découvrons pour finir la jolie Halle aux poissons, où les étals à moitiés vides accueillent les retardataires.

Après cette jolie mise en bouche, nous décidons de nous arrêter chez Lecocq and Folks, tout près de la Porte Saint-Vincent, pour reprendre des forces avant de poursuivre la balade.

Testée aujourd’hui et fortement approuvée : Lecocq and Folks, très chouette adresse à Vannes ! #miamorbihan #Morbihan #Vannes pic.twitter.com/QFxXiXph9i

— Pauline (@juste_pauline) 27 décembre 2017

Le Château de l’Hermine et la Porte Poterne

Notre balade vannetaise se poursuit ensuite de l’autre côté des remparts. Nous passons donc de nouveau sous la jolie porte Saint-Vincent puis nous empruntons la Rue Alexandre le Pontois, bordée d’un côté par de jolis bâtiments et de l’autre par le Château de l’Hermine et son jardin, entrecoupé par La Marle.

Un peu d’histoire encore :

Le Château de l’Hermine, aussi appelé Hôtel Lagorce, est un bâtiment datant de 1785 qui n’a rien à voir avec la forteresse du même nom, érigée au 14e siècle, pour renforcer l’enceinte de la ville. Cette forteresse, construite par le duc Jean IV, est finalement laissée à l’abandon puis partiellement détruite avant d’être donnée à la ville de Vannes en 1697. Les pierres de la bâtisse sont alors utilisées pour réparer différents bâtiments de la ville et construire les quais du port. La ville vent l’emplacement, et ce qu’il reste de la forteresse, à Julien Lagorce, un traiteur, qui construit l’hôtel actuel qui accueillera une école d’artillerie, en 1874, puis le siège de la Trésorerie générale jusqu’en 1974. A cette date, la ville de Vannes fait l’acquisition du bâtiment pour installer l’école de droit du Morbihan. Aujourd’hui, le Château accueille le siège de l’Institut Culturel de Bretagne.

D’un côté comme de l’autre, les jolies choses à regarder sont nombreuses : balcons en fer forgés, corniches, frontons au-dessus des fenêtres, ornements sculptés sur les murs et autres détails d’architecture dont je ne connais pas le nom, jardins soignés et tout simplement vieilles pierres, ces vieilles pierres que j’aime tant.

Je suis émerveillée par cette ville et son architecture magnifique ; par ses murs en pierres et ses toits sombres qui me rappellent parfois mon Cantal ; par sa silhouette découpée par des toits aux formes diverses, des cheminées et des clochers, qui s’élève magnifiquement au dessus des jardins.

Depuis la Rue Poterne, un pont menant à la Porte du même nom, nous découvrons le lavoir de la Garenne, datant du 19e siècle, les Jardins des Remparts, la Tour du Connétable et l’Église Saint-Patern, lieux et bâtiments emblématiques de la ville.

Lavoir de la Garenne

Porte Poterne
Vue sur les remparts, leurs Jardins et l’Église Saint-Patern

Le cœur de ville

Nous poursuivons ensuite notre balade à l’intérieur des remparts, au gré de ce qui attire notre œil et attise notre curiosité. Nous nous retrouvons finalement de nouveau dans la Rue Noé, mais la version pavée cette fois.

Une petite rue étroite bordée de maisons anciennes, à colombages ou en pierre, qui semblent veiller sur la ville depuis bien longtemps. Un peu plus loin dans la rue, le Château Gaillard se dresse fièrement au fond de sa petite cour pavée, son toit illuminé par le soleil.

Ancien Hôtel du Parlement de Bretagne, cet hôtel particulier construit au 15e siècle est classé au titre des Monuments Historiques depuis 1913 et accueille le Musée d’histoire et d’archéologie depuis 2000.

Place des Lices

Rue Noé

Le Château-Gaillard

Choisir c’est renoncer, disait André Gide, et c’est à peu près ce que j’ai ressenti ensuite à chaque carrefour que nous croisions lors de notre balade. Toutes les rues du cœur de ville semblaient attrayantes, toutes semblaient abriter bien des jolies choses mais il fallait pourtant en choisir une seule à chaque fois …

J’aime tellement les centres villes anciens comme celui-là, ces endroits où chaque pierre des murs des maisons, chaque pavée des rues, semblent renfermer des histoires d’un autre temps, fabuleuses ou effrayantes.

Se promener à Vannes ce n’est pas seulement faire une balade à travers la ville, c’est aussi faire une balade à travers le temps et l’Histoire dont chaque pierre taillée, chaque pan de bois, chaque pavé est le témoin.

Se promener à Vannes c’est découvrir une panoplie de couleurs éclatantes sur des maisons anciennes. C’est aussi être étonné de voir des fragments d’architecture plus moderne au milieu de l’ancien. C’est regarder en l’air, toujours, pour voir toutes ces merveilles d’architectures. C’est passer dans une rue, les yeux grands ouverts pour ne rien manquer des petits trésors de la ville, se retourner, et réaliser qu’on en a manque quelques-uns et revenir en arrière !

Maison à colombages sur laquelle se trouve (juste en dessous du colombage) l’enseigne « Vannes et sa femme », en pierre polychrome datant probablement du 16e siècle, un des emblèmes de la ville

 

La Cathédrale Saint-Pierre et sa place

En plein cœur du centre historique de Vannes trône, massive et superbe, la Cathédrale Saint-Pierre, véritable bijou de l’architecture gothique. Classée au titre des Monuments Historiques en 1906, cette cathédrale a été construite entre la fin du 15e siècle et le début du 16e sur le site de l’ancienne cathédrale romane, en restant fidèle à celle-ci. Elle possède donc à la fois une tour-clocher romane et une autre gothique, ce qui la rend vraiment singulière.

Comme souvent face à ce genre d’édifice, je suis admirative et impressionnée par la qualité du travail de sculpture, par les détails délicats qui peuvent naître de la rencontre d’un bloc de pierre et du travail minutieux d’un artiste sculpteur.

A ses pieds, la Place Saint-Pierre, bordée elle aussi de jolies bâtisses, collées les unes aux autres : certaines à colombages, anciennes ; d’autres en pierres, plus modernes. Le mélange de style et des époques continue sous nos yeux, pour leurs plus grand plaisir.

 

 

La Place Brûlée et la Porte Prison

Le hasard faisant souvent bien les choses, il guide ensuite nos pas vers la jolie Place Brûlée et ses maisons à colombages et vers, une autre des portes de la ville ancienne, la Porte Prison, un joli fragment d’histoire de la ville de Vannes.

Encore un peu d’histoire :

Construite au 13e siècle, la Porte Patern comme elle était nommée au départ est l’un des plus anciens accès à la ville close. Elle prend le nom de Porte Prison sous la Révolution, époque à laquelle suspects et condamnés sont enfermés dans ses tours. Suite à la construction d’une nouvelle prison à Vannes, l’édifice est vendu à un particulier qui n’a pas les moyen de l’entretenir. La tour sud est détruite en 1886. Quelques années plus tard, l’ensemble du bâtiment étant menacé de destruction, la fondation des Amis de Vannes fait classer la tour et la porte au titre des monuments historiques en

Si quelqu’un sait quelle était la fonction première de ce joli bâtiment à quelques pas de la Porte Prison, qu’il n’hésite pas à me le dire en commentaires !

Les Jardins des Remparts

En chemin vers le port (et vers le parking couvert où se trouvait la voiture), impossible de ne pas faire un arrêt dans les Jardins des Remparts, cette vaste esplanade soignée d’où l’on peut regarder, bercés par le doux murmure de la Marle, les remparts historiques de la Ville de Vanne, coiffés de jolies bâtisses aux styles architecturaux variés.

Totalement intégrées aux remparts, et à ce paysage où la pierre est reine, la Tour Poudrière et la Tour du Connétable semble encore veiller sur tout ce joli petit monde, du haut de leur à peu près 600 années d’existence.

Tour Poudrière

La Tour Connétable, vue de l’intérieur des remparts

La Place des Lices

Pas vraiment pressés de partir, nous décidons (ou peut-être était-ce seulement moi ?) de franchir une nouvelle fois la Porte Poterne pour profiter, encore un peu, de la beauté de cette ville historique et magnifique.

La Place des Lices, cœur de cette ville superbe et passionnante, fourmille de locaux et de promeneurs, les terrasses sont de sortie et, celles qui sont encore au soleil, bien remplies. Une belle ambiance règne sur cette grande place où, encore une fois, modernité et Histoire cohabitent, une atmosphère légère et détendue comme celle des villages les jours de fêtes, une vraie chaleur émane de cette ville, malgré l’omniprésence de la pierre, malgré le vent hivernal qui souffle sur nos visages rougis …

Un bel exemple de mélange des genres architecturaux sur la Place du Poids public

Un dernier regard sur le port, paisible et baigné de soleil, et nous voilà repartis vers la Loire-Atlantique, ravis de notre balade à Vannes et de ce doux moment sous le soleil breton !

Connaissez-vous la jolie Vannes ? Une anecdote à raconter ? Une déclaration d’amour à faire à la ville ? La section commentaires est faite pour ça !

Et si vous voulez avoir un aperçu d’autres beaux endroits du Morbihan, il y a des articles pour ça :

Épinglez-moi !

12 Replies to “Balade dans le centre historique de Vannes”

  1. chachaaventuriere dit : Répondre

    Un article très complet sur une ville qui ne manque pas de charme. J’ai parcouru Vannes dans tous les sens pendant des années comme une bonne touriste en admiration devant une ville qui a tant à offrir.
    Prendre un café en terrasse jour de marché c’est wouaaa !
    Cette ville me manque, tes photos m’ont fait très plaisir.

    1. Et ben je te souhaite d’y retourner très bientôt ma Chacha ! Et de boire ton petit café au soleil parmi l’agitation sympathique d’un jour de marché 🙂
      Et après je viendrais lire l’article que tu écriras à propos de ce séjour sur ton blog avec plaisir 😉

  2. J’ai beaucoup aimé Vannes, une ville touristique qui a cependant réussi à ne pas être complètement submergée ou défigurée par l’activité touristique !
    Merci pour ce petit reportage sous la lumière hivernale 🙂

    1. Oui tu as raison, malgré le flot de touristes, et les activités qui vont avec, le centre ville est bien préservé et plein de charme !

  3. Magnifique ! Cela nous donne envie d’y retourner… voir même de nous y installer 😉

    1. Merci ! Et la vie doit être plutôt sympa là-bas, bonne idée de s’y installer 😉

  4. Je ne connais pas Vannes mais vos photos et vos commentaires m’ont donné l’envie d’aller y faire un petit trip. Magnifique

    1. Votre commentaire me touche beaucoup, merci ! Et je vous souhaite d’y aller très bientôt, c’est vraiment un bel endroit 🙂

  5. Merci Pauline pour ce moment…… Cette ville…MA Ville comme j aime le dire, que j ai quitté le coeur lourd il y a 3 ans. En lisant ton article, j y étais…. Merci.😚

    1. Merci à toi pour ce très gentil commentaire, ça me fait très plaisir de réussir à toucher les « locaux » avec mes articles ! En espérant que tu puisses retourner y vivre un jour ! Encore merci pour ton commentaire 🙂

  6. trés joli texte pour une très jolie ville !

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