Parenthèse enchantée sur la Côte Basque

Il y a des endroits dont la beauté, brute et sauvage, vous marque plus que les autres, des lieux dont vos yeux peinent à se détacher pour reprendre la route, de véritables monuments naturels qui vous laisse bouche bée, impressionné, émerveillé même. La Corniche basque fait pour moi partie de ces lieux.

Pour reprendre en douceur le récit à propos de notre premier séjour au Pays Basque, qui, je vous le rappelle (parce que ça fait drôlement longtemps que j’ai commencé à vous raconter tout ça) avait débuté à San Sebastián, j’ai eu envie de rédiger un article sur deux petits arrêts que nous avons fait sur le chemin, deux arrêts plein de beauté et de poésie, comme seule la nature sait en offrir.

Hendaye, sa plage et les prémices de la Corniche basque

C’était pendant notre séjour mi-espagnol mi-français au Pays Basque, on quittait Hondarribia et l’Espagne pour rejoindre Saint-Jean-de-Luz et la France. On a d’abord fait un arrêt à Hendaye, parce qu’on passait par ses rues et qu’on trouvait dommage de ne pas s’arrêter pour profiter un peu de la Baie du Figuier qui s’étend-là, immense, face à l’Océan.

(Re)Voir Hondarribia depuis Hendaye

Mais avant la Baie des Figuiers, on s’est arrêté une première fois dans un espace vert situé le long du Boulevard du Général de Gaulle pour profiter de la vue magnifique sur la Baie de Chingoudy ou Txingudi (Txingudiko badia en basque), l’autre nom donné à l’estuaire de la Bidassoa, ce fleuve qui marque la frontière entre l’Espagne et la France.

Face à nous, le port de plaisance de Sokoburu, avec en arrière-plan la belle Hondarribia et une vue imprenable sur l’Iglesia de Nuestra Señora del Manzano et le Château de Charles V. La veille, on marchait le long de ces bâtiments historiques impressionnants sans vraiment prendre la mesure de leurs dimensions globales.

Ce matin-là on a pu les apprécier dans leur ensemble, les découvrir sous un jour nouveau et avoir une nouvelle perspective sur la ville d’Hondarribia. La veille, on regardait le paysage depuis l’autre côté de la Bidassoa, sur la promenade aménagée le long du fleuve, on devinait Hendaye et ce port où flotte des centaines de bateaux qui semblaient collés les uns aux autres, ce qui n’était finalement pas le cas.

La plage d’Hendaye et les Deux Jumeaux

On a repris la voiture pour rejoindre la plage d’Hendaye, la plus longue de la Côte Basque. Avec ces 3,5 kilomètres de long, cette langue de sable fin est un fabuleux terrain de jeux pour les promeneurs, les surfeurs et aussi, évidemment, les baigneurs, même si ce matin-là, ces-derniers manquaient à l’appel, sûrement faute de soleil.

Les surfeurs, eux, étaient bien présents, déjà de l’eau, ou encore en train de se préparer ; les promeneurs, comme nous, aussi. Face à nous, sur notre gauche, l’Erdiko Punta, l’extrémité sud de la baie, la fin de la terre, le début de l’Océan à perte de vue. Sur notre droite, au loin, les Deux Jumeaux, ces deux rochers emblématiques d’Hendaye, le début de la Corniche, dont l’érosion, très importante à cet endroit, a fini par isoler ces deux rochers gigantesques, plantés dans l’eau.

Une petite parenthèse contes et légendes :
Il existe au Pays Basque une légende qui raconte que ces « deux jumeaux » sont en fait le résultat d’une vaine tentative de détruire Bayonne, depuis le mont « Peñas de Aia », par Roland, chevalier de Charlemagne. Il aurait déraper de son promontoire et le rocher serait alors tomber à l’eau en se cassant en deux.

La mer était basse mais les vagues tout de même nombreuses et bien formées, assez pour permettre aux surfeurs de s’exercer ; assez pour entendre régulièrement le fracas de l’eau sur le sable encore gorgé d’eau. A certains endroits, la plage avait des allures de miroir d’eau plus que d’étendue de sable, c’était beau, captivant. Les Deux Jumeaux se reflétaient sur la plage, les nuages gris et les maisons du front de mer aussi ; l’eau creusait des sillons dans le sable pour rejoindre la mer en créant des dessins singuliers et poétiques. Et on était bien à regarder tout ça, cette magie infinie qui se dégage de ces petites choses auxquelles on ne prête pas toujours attention.

D’Hendaye à Ciboure, la Corniche basque

Poussés par l’envie de découvrir Saint-Jean-de-Luz, on s’est finalement détaché de ce joli panorama, de ce moment de contemplation, pour reprendre la route. Il faut que je vous avoue quelque chose : je ne connaissais pas la Corniche basque avant ce jour-là, j’avais peut-être déjà vu des photos mais je ne savais pas où cela se trouvait et encore moins le coup de cœur que ça allait être pour moi !

On a traversé les rues d’Hendaye, denses, bordées de jolies maisons, puis peu à peu les constructions se sont espacées, elles ont laissé place à la verdure et puis finalement à l’Océan, sur notre gauche. On a suivi la route et ses virages le long de la côte, à droite du vert, à gauche du bleu, et puis parfois du vert partout, des lignes droites, des virages, quelques parkings parsemés le long de la route.

Quelques minutes avant d’arriver à Saint-Jean-de-Luz, on a aperçu les falaises qui, déjà depuis la route, nous semblaient impressionnantes. On a trouvé un parking pour s’arrêter, et on a parcouru les quelques mètres qui nous séparaient encore du chemin côtier et de la claque visuelle qui nous attendait …

Sur plusieurs centaines de mètres, des strates de roches s’étirent, régulières, hypnotisantes, parsemées de vert, totalement nues ou partiellement recouvertes par la mer. Sur les falaises, les strates sont présentes aussi, elles dessinent et découpent les formations rocheuses, leur donne un profil singulier, acéré, hostile, et en même temps tellement attirant.

Petite parenthèse informationnelle :

La Corniche basque est un espace naturel protégé qui s’étend sur une dizaine de kilomètres au total, entre Hendaye et Ciboure. Il existe un centre d’interprétation gratuit, la Maison de la Corniche, qui permet d’en apprendre plus sur ce lieu.

« Le site se caractérise par d’abruptes falaises, des criques et deux célèbres rochers « les Jumeaux » témoins du recul de la côte. Les falaises racontent, en effet, en quelques centaines de mètres, des millions d’années d’histoire de la terre« . Hendaye Tourisme

Difficile de détacher son regard de cette curiosité géologique, de ce témoin de l’histoire agitée de la terre et de ces mouvements tectoniques ; j’ai observé ce paysage marqué, accidenté, rainuré, ses fissures, ses cassures abruptes et aussi ses arrondis inattendus et j’étais totalement fascinée.

Le ciel était toujours gris et les contours des nuages formaient des lignes dans le ciel, comme un écho au paysage terrestre et rocheux qui s’étalait devant nous. La mer, d’un bleu-gris magnifique, offrait elle un contraste magnifique avec la roche tantôt grise, tantôt marron et tantôt verte ; et le vent léger qui la faisait frémir formait des petites rides à sa surface qui semblaient être le prolongement direct des strates rocheuses qui zébraient le sol.

Sous nos pieds, quelques lignes rocheuses, encore davantage fissurées et érodées permettaient d’avoir une vision plus précise, plus immédiate, du phénomène et de mieux se rendre compte des alignements et des cassures qui le composent.

Derrière nous, le profil sombre des montagnes se détachait de l’horizon nuageux et contrastait avec les vallons verdoyants qui les précèdent. En regardant vers le nord, ces stries semblaient indiquer invariablement la direction de Saint-Jean-de-Luz, alors on a fini par reprendre la route, des zébrures merveilleuses plein les yeux, pour rejoindre la ville et ses rues pleines de charme.

Ce paysage m’a tellement marquée et impressionnée que c’est aujourd’hui (et depuis deux ans maintenant) le fond d’écran de ma tablette, je ne me lasse pas de le voir et de le revoir, avec toujours la même fascination pour ce panorama. Et vous, y-a-t-il un paysage naturel qui vous a profondément touché ? La Corniche basque vous connaissez ? vous aimez ?

Épinglez-moi !

6 Replies to “Parenthèse enchantée sur la Côte Basque”

  1. j’adore ces photos prises à marée basse, où le ciel se confond presque avec la mer <3

    et cette corniche basque, c'est le souvenir d'une autre époque … douce et légère : sans enfant quoi !!

    1. J’adore l’effet que ça donne moi aussi ! Et je suis sûre que si vous emmenez les filles là-bas ça sera aussi un doux souvenir … avec peut-être quelques gamelles au milieu des pierres ! ^^

  2. Je suis d’accord avec toi, la corniche basque, ces 8 petits km de côte déchirée, sont les plus beaux paysages du Pays-Basque. Ce vert et ce bleu et les formes improbables de la roche, c’est mon coup de coeur de la région aussi.

    1. Je ne connais pas assez le Pays Basque pour dire que c’est les plus beaux mais quoi qu’il arrive ça restera pour moi un énorme coup de cœur ! Et en fait je vois même pas comment quelqu’un pourrait être indifférent face à ce paysage-là ^^

  3. Un joli coin de nature cette corniche plutôt impressionnante 🙏

    1. Oh oui c’est tellement impressionnant et si beau <3 Profites-en bien dans 10 jours, hâte de voir tes photos !

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